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Full text of "Manuel des cérémonies qui ont lieu pendant la Semaine Sainte et L´Octave de Paques au Vatican /rédigé d´après les ouvrages de Mazzinelli, Cancellieri, Moroni, Héry ec."

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Ayuntamiento de Cádiz 
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University of Massachusetts Boston 
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Ayuntamiento de Cádiz 


?A 

UMASS 

BOSTON 



33 

$ 

A(s) 


MANUEL DES CÉRÉMONIES 

QXJI OKT L1EÜ 

MANI LA SEillAINE SAINTE 

et - ' a '* 

A 

iwirá&wi m wis 

AU VATICAN 

1\KD1G¿ d’apIUS DES 00 VR AGES 

DE MAZZINELL1, (MIELLIERI, MORON, 
IIÉRY EC. 


SECOM)E ¿DITION 

ENRICm DE PLUS1EURS DKTAÍLS INT^RESSANTS. 


110ME 

IMPRIMEME DE SAINT- MIGUEL 

1858. 



])e tous les ouvrages qui traitent des céré- 
monies de la Semaine Sainte qui ont lieu 
dans les chapelles pontificales , les plus exu- 
des et plus accrédilés sont ceux de Maz- 
sinelli, Cancellieri, Moroni, et Héry. 

Nous avons cru qu'il serait agréable aux 
personnes qui assistcnt á ccs cérémonics de 
posséder un Manuel , qui leur servít á en 
suivre exactement toutes les particularités. 

Nous offrons done aujord’hui á nos lc- 
ctéurs ce petit ouvrage redigo d'aprés les 
derivaos que nous venons de citer ; nous y 
avons joint une foule d’autres détails non 
moins instructifs qu’intéressants , et nous 
espérons qu’ils seront propres ii sntisfaire la 
picté des Chrétiens, 


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* 







SEMAINE- SAINTE 


La Semainc entre le dimancho des Rameaux 
et le jour de Páques est appclóe Sainte , parce que 
c’cst en elle que s’accomplessenl Ies mystéres augu- 
stes do notre ródemption. C’est pourquoi les fidóles 
ont toujours cu la picuse coútuiue de se livrcr daos 
co lemps solennel á de continuéis exorcices de pióle. 
Dans les premiers siécles, les aumónes étaicnl plus 
ahondantes , les veilles plus longues, les jeunes plus 
auslóres: plusieurs des fidóles obscrvaienl P absli- 
nencc solennelle de kcropliagies si celebres dans les 
ecrivnins ccelesiasliques des premiers siécles. 

« Ce u’est pas une scuic cité, disail Saiol- 
» Jean-Cbrysostóme (t. 5, p. 525), qui se porte dans 
» cc jour au devarít du Seigncur, mois bien tous 
» les chróliens fidóles de I’uuivers chrólien. Nos 
» omporeurs eux-memes font cesser les affaircs pu- 
» hliques , les occupalions du forum, les procés, 
» Ies supplices judiciaires el les querelles civiles, 
» afin que lous leurs sujets puisseul vaquer librc- 
» menl au cuite du Seigneur .... Une devolion 
» louablc de cclte ópoque , conlinue-l-il, esl la déli- 
» vrauce des prisonniers, en mómoire de N. S. deli- 
» vranl les ames du Purgaloire. » 




DIMANCIIE DES RAMEAUX. 


SAlNT-PIERRE, au vatican. 

Slalion á Saint- Jean de Laleran. 

L’Eglise cominence los cérómonics do cc jour 
par la bénediclion el la proccssion des palmes, dc- 
sinées á rappeler P cn'lrée Iriomphalc de N. S. Jo- 
sus-Christ dans la ville do Jérusalem, peu de jours 
avant sa morí. 

Saint Mathieu . 21. ven. 6. Lea disciplcs s’eo'allercnt doncel 
firenl cc que Jésus leur nvail commande. 

7. Et, ayant amené l’ánessc el l’ánon , ¡Is les couvrirenl de leuci 
vctemenls et le lirent innnter dessus. 

8 Une grande muliiiude de peuple élendtt aussi sea véteracnls le 
long du cliemin ; les nutres coupaienl des linio ches d’urlires el Ira je* 
taient par ou il passait. 

9. El lous ensemlde, lanl ccuz qui allaienl devanl luí, que ceui 
qui le suivaienl , criaienl : Hosanna , salut et gloire nu fíls de David ♦ 
béni soil celui qui vienl au nom du Scigneur : Hosauna , salul el gloire 
luí soit nu plus linul des ciéux. 

<0. Lorsqu’íl fut entró dans Júrusalem , loule la filie en ful émue 
el chacun demandnit : qui cst celui-ci ? 

-<t. Maia oes peuplca qui l’acconipagnaient , desaienl : c’csl Jcius 
le propliéle , qui est de Narareth en GaliJcc. 


DIMANCHE DES RAMEAU X. 


7 


DISP0S1TI0NS DE LA BASILIQUE. 

Des draperics rouge ct or ferment la grande 
ncf, a l’endroit oú dcux degrús de porphyre la sé- 
parent de la tribune eu chevet. 

Ceüe derniere parlie de 1’ église reste interdíte 
au public pendant toute la córúmonie, et sert de 
salle d’ aliente ou de dócharge pour le Service de 
la chambre. 

Le troné pontifical cst adossó a cctte draperic, 
ct se trouve ainsi place entre le lombcau oú repose le 
corps de Saint- Picrre» et la chaire signe de son 
CDseignement. 

Ueux tribunes réservées remplissent le vide des 
arcados laterales. 

Le cinq loges de la tribune de gaucho sont de- 
stinóes aux princcs de sang royal. 

L’ estrado du corps diplomatique se trouve du 
mérne cóló. 

A droile et a gauche de la Confessiou Ies places 
puor les damos admises. 

Les chantres de la chapclle sont au-dessous de 
la slalue de Sainte-llélene. 

Un tapis rccouvre lout le parvis compris en- 
tre l’aulel ct lo tróne , dessinant ainsi le presby- 
tére dont les bañes cardinaüces ferment les dcux 
tóles. 

Pour le reste de la disposition, voir le jour 
de Piques. 

ENTRÉE DU PAPE. — A neuf heures de 
France, le Pape dcscend de ses appartcmenls, et 
entre dans la Basifique par la chapelle du Saint- 
Sácremcnt/ puis il se rend á la chapclle de la Pióte, 


DIMANCHE DES 1UMEAUX. 


8 

oú il est altcndu par les Cardinaux en habits de 
lenr ordre. La, prenanl les habils sacres, ¡I monte su: 
la sediu gestatoria , el s’ a vanee vers la Confessioi;, 
porté par douxo palafreniers vélus de rouge. La pr¿- 
lalure et les Cardinaux le prócédcnt. L’état-ma/or 
de la gardenoble marche á la hautenr de la sídia 
gestatoria, et les épées des canlons .catholiques sont 
portees il Per.tour par des gardos suisses en grand 
coslume. (Voir la procession doce jour el cello du 
jour de Taques). 

OBÉDIENCE DES CARDINAUX. — Les Car- 
diñaux, par rang d’ ordre, vont baiser la main 
Pape couverte du pluvial. 

BÉNÉDiCTION DES PALMES. 

HISTORIOLE. — Les palmes qui servent á la 
cérémonic viennent de San Remo , pe ti t pays do la 
r i viere de Génes, et sont fon mies par la familia 
Bresca, qui en a obtenu le privilége du temps du 
du pape Sixte-Quint. 

Un jeune inarin de cctte famillc, qui se trou- 
vait sur la place du Vatican, quand l’architecle Fon- 
tana eleva i L l’obólisque, s’apercevant que les cordes 
des machines allaient casser, se mil á cricr: mouil- 
lez les cordes! s’exposanl ainsi volonlaimucnt á la 
peine de morí dccrélée contre lous ceux qui élévr- 
raient la voix pendant Popéralion. Fontana su i vi t 
Pavis du jeune bomme, et Féreclion réussit. Ce- 
lui-ci se cacha, incertain de ce qui allait arriver. 
Mais le scrvice qu’il avait rendu étail trop récl pour 
qu’on pensát á l’en punir. Sixte-Quint se le fit amc- 
ncr : Que veux-tu pour recompense de ton avis, lui 
dit le Pape? — Fournir les palmes á vostre Saiutc 


dimanche des ramkaux. 


9 

Basiliquc, répondit I« jo une homme; privilége qui 
lili fut accordé , et auquol on joignil de nombreux. 
avanlogcs pécuuiaires dont sa tamil le a joui jusq’a 
nos jours. Cos palmes snnl arlislement ouvragées 
pnr les religieuses Gamaldulcs, parliculiércmcl cello 
destinéc au Souverain Pontife et les sept poar Pau- 
te!. 2 * 4 Avanl la distribulion, elles sont posees sur une 
crédenco ¿i gauche du truno. 

Le prélal-sacrislo avec lo diacre et le sousdiacre 
de la chapodo, porlant chacuti une palme á la main, 
montenl sur le march'ft-pied du tróne oü se trouvent 
déjá deux ucolytes aposloliqucs tenant le bénitier et 
l’cticensoir. 

lis s’agenouillent et présentent leurs palmes au 
Pape, qui, aprés avoir lu les priores du riluel, les 
henil, les asperge d’eau benito et les encense trois fois. 

DISTRIBUTION DES RAMEUX. 

La bénédiclion achcvéo et les acolytes retires, 
le Gouverneur de Uoraé prend des mains du Pré- 
lat-sacriste et de cellos du diacre ol du sous-dia- 
cre les trois palmes , dont nous avons parlé; il 
les présenlo au Cardinal-doyon , ou au plus ancien- 
évéque suburbicairc, qui los romet au Pape. 

La premiere est gnrdéc piir Sa Sninlele , cjui lo ilonne a teñir a 
uu caniéricr sccrel quand il ne la poile pas ü la main. 

La seconde est portee par le mntlre des cúrémonies atl prince as- 
jiatani au ti une, qui doil la garder á la main toul le Lmpj de la fon- 
rlion. La troisiéme reste á la disposition ultérieure du Souvernin Pontife. 

2. Le Souverain Pontife s’asseoil, un olere de 
la chambre lui pose le gremial sur les genoux; aus- 

sitól les Cardinaux se présenleut pour reccYoir la 

palme. 


10 


DIMANOTE DES RAMEA UX. 


Aulrcfois l’honncur de Ies préaenter une a une au Tape étail ele- 
vóla , soit su princc assistsni, soil a un ambassadeur , raaintenanl celle 
íonction apparlienl au Cardinal Diaere. 

ORDRE DE LA D1STRIBUT10N. — Les Cnr 
dinaux, baisent la palme, la ma¡n ct le genou droit. 

Les Patriarches, les Archevéques, les Evoques, 
baisent la palme el 1c genou* 

Les Abbés mitrés; 

Les Pénitcnciers de la basilique; 

Le Gouvcrneur de Rome; 

Lc Prince assistanl au tróne ; 

L’Audileur de la Chambre; 

Le AI ajenióme; 

Le Trésorier; 

Les Protonotaires apostoliques participants ct 
d’ honneur; 

Les Généraux d’ordrc; 

Les Conservateurs de Rome; 

Le Maltre du Sain-IIospicey 

Le Prélalure; 

Les Caudataires des Cardinaux: 

Les Portiers do la verge rouge; 

Les Alassiers. 

Pilis, lorsque le Pape le permet, les eleves 
du collógc germanique qui terminen t leur derniére 
aunée. 

Les ótrangers odmis par billct du prélat-major- 
domc, baisent la palmo et le pied. 

Pendant la disir ibulion, les cbantcurs enton- 
nent l’antienne: Tueri hebrmr importantes ramos, mu- 
sique de Palcstrina; ct Fuer i hebreeorum vestimenta , 
á quatre voix de Thomas-Louis de la Villoría d’Avila. 
Quand elles sont terminóos, le princc assistant, ac- 
compagné d’un auditeur de rote, de deux clores de 


pmANCHK T)FS HAMSAUX. 


14 

la chambre ct de deux massiers, apporlc I’aiguiérc 
au Pape ; le Cardiual-Doyen présente la serviette. 

Le Souverain Pontiíe , chante le Dominus vobi- 
$cum el Uoraison (inale, qui esl immédialemeul suivie 
de la procession. 

Au sortir de la fonction, le cnmérier secret, se- 
crétaire des ambassades, va pnrter des palmes aux 
souverains et princes de sang royal qui se trouvent 
á Home. Un bussulunte en porte d’autres aux Gardi- 
naux qui n’ont pas assisté á la chapelle ; cellos qui 
restcul aprés ces diverses dislributions, demeurenl á 
la disposi t ion du Matlrc du Sacre Palais. 

PROCESSION DES PALMES. 

Leg processions, disenl leí lilurgtsles, indépendamraenl du bul 
spccial de leur ínstilulion , representen! toujours le pclerinage de l’hom- 
roe mortel vers son élernité ; el , si la croix marche en lele , c’esl pour 
monlrer que le Chrifil doil elle fuñique el souverain guide de uolre 
foysge Icrrcslrc. 

Quand le sous-diacrc a pris la croix pontificale 
ornee d’une palme, le premier Cnrdinal-diacre se 
tournc vers le peuple ct dil : procedamos tn pace . Le 
chrnur répond : in nomine Ckristi, amen. La chapelle 
thante: (juum apprvpinquard ; la procession se uict 
en marche. 

ORDRE DE LA PROCESSION.-Les Ecuycrs; 

Les Procure urs-généraux; 

Les Avocáis concisloriaux; 

Les Caroériers; 

Les Chantres; 

Les Abrévialcurs; 

Les Votans de la signature; 

Le Clores de la chambre; 


12 


SIMAIS' CHE DES RAMEAUX. 

Les Auditeurs do rote; 

Le MaUre du Sacró Puláis; 

La Croix; 

Les Eénileociers de Saint-Pierre; 

Les Evoques, Archevéques, Patriarches; 

Les Cardiuaux accompagnés de leur maíson 
d’honneur ; 

Les Conservnteurs; 

Le Prince assistant; 

Le Gouvcf’ueur de Romo; 

Les deux Cardinaux assistants; 

Le MaUre des cérémonics ; 

Sa Sajntelé. 

Le Pape, la mitre en téte et la palme á la main 
gauche, est porté sur la sed i a (/estator tu par ses douze 
tediar i. 

La procession, aprés avoir descendu la basili- 
que , sori daos le vestíbulo par la grande porte qui 
se reforme quand le Pape esl passé. Deux chantres, 
demonios á l’inlér ¡eur de Péglíse, onlonncnt aussi- 
tót le bol byrone de Théodule d’Orléans: Gloria ¡ñus 
et honor Deo, que les chantres places dans le vestí- 
bulo répétent alternalivement avec cux. 

Tliéodule éveque d’Orléans , ou , conmie d’mitrefl le veulenl, Re* 
naud , éveque de Langrcs , se Irouvoit dans les prisons de la tille d’An- 
gers , commc compromis dans la conspirnlion des fila de Louis-le-Déhon* 
xi aire contre leur pcrc. Lorsque la procession des palmes , qui éloil sui- 
tie par l’empereur , viril á posser dcvanl le porlc de In prison , le cn- 
pltf se mil a chanler d* une voix claire el picuse l’liynme donl nous ve- 
nons de prler , ce qui surprit el plut beaucoup au seigneur roí , qui 
pril le polienl en miséricorde et luí oclroyi merci. 

Au dernier verset do Phymne, le sous-diacre 
apostolique frappc la porte avec le bálon de la croix , 


DDIATNXHE DES BAiVIEATJX. 13 

clic s’ouvre el la procession reutre dans la basi- 
fique. 

Rcvcüus au prcsbylere , les Cordinaux quittent 
les vótements sacerdotaux pour reprendre la chape 
violette avec laquclle ils doivenl entcndre la messe. 

Si l’on adopte l’opinion de Benoit XIV , la cérémonie des pal- 
mes s'inlroduisil duna la lilurgie vera la fiu du cinquiéme siécle , ou 
le conuncncement du sixieme. Uans ees premier* temps , apres qu’elles 
avaient eté recueillics dans les champa avoiainant 1’église de Saint-Silve- 
atre el he ni es par le Cardinal hebdómada i re de Saint-Laurcnl liors les 
nuirs, on les apporlait dans le lriclinium de Léon 111 , ii Sainl-Jean de 
Laleian , oú le Pape les diitrihuait. 

A une époque plus rapprocbce, cello hénedielion se fil dans la pe- 
tile égüse de Sanln-Moria in Turis, d’oíi Ton vennil processionelle- 
menl a Sainl-Pierre ; el un usage pieux el a jamais regrellahle de celte 
proceaaion , consistail a pnrter Iriomphalément sur un hrancárd le texle 
des divina Bvangiles comme rcprésenlaul la personne méme de N. S. 
Jésus-Chrisl triomphanl. 

MESSE. — Gélcbrant un Cardinal-prótrc. 

1. Introit, encensemcnt de 1’ aniel el du Sou- 
verain Ponlife; Kyrie, Oraison , Epiire. — Genufle- 
xión aux mols: in nomine Jesu. 

CHANT DE LA PASSION. — 2. La Passion, 
suivanl Sainl-Malhiéu, se chante d’aprés un rit par- 
liculier eL sans aucun des signes d’honneur ou d’al- 
légresse qui accompagnent celte priére. En voici les 
raison licúes du chevalier Moroni. 

On ne demande pos la héqcdiclion, parce que c’est le rc'cil de la 
morí douloureuse de l’autcur de loules hénédiclions ; 

On ne l’accompagnc pas avee dea ciergcs olí times , parce que la 
mié lumiére du monde esl éteinle j 

On ne Pencense pas, pour marquer rahnndoniíemenl el Pisolement 
du Seigneur ; on ne dil pas le Dominus vobiscum , ni le Gloria tibí » 
Domine t en haine du bniscr el de la trahison du perfide Judas dans le 
jardín de Gelhsemaoi , ele. 


u 


D1MANCTTF. OES RAM* AUX. 


La Passion cst chantéc par trois prétres en aube 
et en élole de diacre. 

Le premier prótre (tenor) fait la partie de Phis- 
torien. Le second (contralto) fait la partie appeléc 
ancilla - Le troisiéme (bassó) fait la partie du Cbrist. 
La chapelle fait la partie de la plébe • cettc quátrié- 
me partie fu composée par Thomas-Louis d’ Avila, 
conlemporain de Pafcslrinn, 1585. 

Le Pape et les Cardinaux écoutcnt la Passion 
dcboul et le 11 r palme a la main. 

Aux paroles EmUit Spirllum , on ílécbit le ge- 
noux. 

Aulrefois on se proslernail enliéremenl el on baisail la Ierre, com. 
me Tusage en subsiste encore en France. 

Le clianl de la Passion , cVaprca le mude décril plus baúl , cst 
puet-étre la fonclion la plus touchanle de toule la Scmaine-Sainle , ni ais 
pour en sentir loule Ib henulé il fnul suivrt* sur le lexle el s’identifier 
aux circoostances. 

3. Les derniers versets de la Passion sont chan- 
tes sur le ton de l’Évangile par le diacrc. 

4. Credo - 

5. Motil: Slabal Matir dolorosa, de Palcslrina 
á liuit voix. 

Ríen de particulier jusqti’á l’Élévation. 

6. Aprés l’Élévalion, on chante ordinairement 
le Benediclus á six voix de Baini. 

7. Fin de la Messe- — Le Cardinal célébrant 
publie une indulgcnce de trente ans. 

RENTRÉE DIJ PAPE Aü VATICAN. - Aprés 
la publication de T indulgcnce, le Pape est reporté 
á la chapelle de la Pillé avec le méme cérémonial 
qu’& son entrée.. Lá il dcscend de la sedin , quilla 
les hakits sacres el remonte dans les npparletuenU 
par la chapelle du Saint-Sacrement. 


DIMANCTTE DES RAMBAUX. 


15 


AUDITION PUBLIQUE DES CONFESSIONS. 

Basilique de Sainl-Jeun de Lateran . 

Vers Ies dcux hcurcs aprés midi, Ic Cardinal 
grand-pénitencier so rend avec loute sa maison á 
Saint-Jean de Lateran, oú il est rccu par le collégc 
des Penitenciers (raoines Observanlins ) et qualre 
chanoines da cbapitre qui, aprés la présentation do 
Peau bénile, le conduisent dcYant l’autel da Sain- 
Sacreiuent et do la au confcssional majeur. Le Car- 
dinal, couvert de sa barette, prend la longuc baguette 
signo de sa dignilé, et s’assied sur le tribunal. Aussí- 
tót les prélats, les chanoines, Ies pénitenciers , la 
famille cardinalice et tous les íidéles des dcux sexes, 
qui le désirent, viennent se prósenter dovant son émi- 
nence qui donne á tous un lóger coup de bague tte 
sur la téte. 

Cent jours d’indulgencc sont attachés a cet acte 
d’hurailiation, qui ra pello les anciens rils de la pé- 
nitence publique. Quand porsonne ne se présente 
plus pour gagner Pindulgcnce r le Cardinal écoutc 
les confessions de tous ccux qui veulent s’adresser 
á lui. Cela fait, il se retire. 





LUNDI-SAINT. 


Station ú Sai/Ue-Praxédc . 

Les grands oíliees de la passion ne commcnconl 
que le Mercrcdi-Saint. 

L’ eglise slalionnaire désignée pour le Lundi- 
Sainl fut fondée dés le second siécle par le pope 
Samt-Pie I, el enrichie du lombeau de deu\ je unes 
Pnlricienncs, íilles du sénateur Pudens, qui, suivani 
une tradilion rcspectnble, aecueillit le prince des 
apótres dans sa maison de la val Ice du Viminal (main- 
lenant église SaiuLe-Pudentienue) oú il le garda pen- 
dant sept ans, et oú furent consacrée par luí Saint- 
Lin, et Saiut-Clet, ses successeurs. Quand les per- 
séculions vinrent éprouver l’église naissante, Praxéde 
et Pudentienne se devouérenl au Service des confes- 
seurs; les secourant, dit le Bréviaire romnin, par 
leurs ocuvres, leurs consola tions et tous les oíliccs 
de charité suivant leurs facultés: Eos facaltalibus , 
opera > consolatione , et omni chanta Lis o/Jicio prosequt- 
batur . Elies cachaient les uns chcz ellcsj clics encou- 
rageaient les autres; clics vcillaicnt aux besoins de 
ceux qui étaicnt en prison; el la nuil elles allaient 
recucillir, sur le sol des arnphithéatres el des aulres 
lieux de supplicc, les os et la précieux sang des 


LUNDI-SAINT. 


17 


Martyrs. Inscrites toutcs dcux aa catalogue des saín- 
tes, on réunit leurs corps dans un méme tombcau, 
et c’tfst sur cc tombcau que fut bátic l’cglise. 

Celte église posséde la colonne de la flagellatioD. 
Elle s’y trouve dans un ancien oratoire elevé par 
Pascbal I, inais elle if y ful apporlé qu’en 1223 par 
un cardinal Colonna, qui avait élé lui-roémelachercher 
prés du Préloire de Jérusalem. 

Saint Joan, chap . 19. Alors Pílate prit Jesús, 
et le üt foucter. . . . (1). 


(I) Nous extrayons d’un livre» arrirc á sa troisictne éd ilion fran- 
caise el a sa seco rule édition allemande, saos uroir élé comlamné par 
l’aulorité ecclésiaslique , les délails suivants , saos leur donner ou leur 


les flngellationa , elle n’élail pas lies élevée, car un liomme de haulc Inil- 
le aurail pu en altcindrc la parlie supérieure. Au milieu de sa liauleur se 

Irouvaient des anneaux el des crochets 

» . . . . Celle colonne élail loul-a-fait isolée el ne seivail de sup- 
(jorl á aucun cdifice. » 

La (luuloureu$c Passiun de N. S. J. C . tVaprcs les Mt'diliitions 
d'Jnne-Cntherinc Emmcrich , page 194. 




2 




MARDI-SAINT. 


Stalion á Saintc-Prisca. 

Aucune dcvntion relativo a la Passion de N. S. 
Jésus-Christ n’étant spécinlemcnt indiquée pour cc 
jour, on pcut joindre á la visite de Péglisc station- 
náirc la picuse ascensión de la Scala Santa . 

On appellc Scala Santa les vingt-huit degres 
ou marches de marbrc blanc vcinó, transportes de 
Jérusalem á Romo, et qui appartenaient, suivant la 
venérable tradition, au Prétoirc de V Ecce homo 
Sixte-Quint Ies fit placer sous la portique actuel 
qu’ il dódia au Sauveur. Co monuinenl fait un des 
quadrilatéres de la place de Saint-Jean de Lntcran* 
en avant, el servant d’entrée i\ la précieusc chapclle 
de Saint-Laurcnt ad Sancia Sanctorim. íl se compose 
d’ un vest ibule et de cinq escaliers; les quatrc latc- 
raux pcuvent sc'montcr el se desccndrc debout, 
cclui da milieu, oíi sont enclavés les marbres sancti- 
fiés par Ies traces sanglanlcs de Phomme des dou- 
lcurs, ne se monte qu’á genoux. Les degrés du Prétoi- 
rc se reconnaissent a Penvelóppe de bois, dont 
Clément X\\ dul les garnir pour les preservar du 
frotlcoicnt quolidien, sous lequel la piolé genérale 
de tous les temps Ies eut bicntót fait disparaitre. 


MARDI-SAINT. 


19 

La chapelle á laquelle on arrive par la Scala 
Santa , ful Pancienne chapelle da palriarchat de La- 
teran, oíi se conservait les plus insignes reliques 
de la villc; ce qui lui valut probableraent son nom 
de Sancla Sanclorum. Quoiquc moins riche aujourd’ 
hni qu’il ne Pétait aulrefois, le trésor de ce san- 
clunire est encorc un des plus précicux dcpóts de 
reliques de la cité. 

De riches indulgenccs sont attachées é celte 
pieuse pratiquc. 




MERCREDI-SAINT. 


CIIAPELLE S1XTINE. 

Stalion á Sain le- Marte Mújeure. 

MATINES OU TENÉBRES. - Cet office qui 
est, á proprement pnrler, la premiére partie de la 
lilurgie du Icndeinain, prend son nom de matines 
ou ténébres ou nocíurnes , de Theure á laquelle il 
se chanta! L autrefois, et qui était soil vninuil, soit 
trois beures du matin. Maintcnant on le comiuencc 
vers les vingl-deux heures d’llalie. Toul cet office, 
emprcint de la douleur oü Téglise est plongée, est 
juslement definí par celte bello expression i talienne: 
u/Jizio di lullo j e come rappresenlazione dei funerali , 
del Rcdentore, une fonction de deuil et comme la 
reproduclion des fuñera i lies du Rédempteur. 

COULEURS ET ORNEMENTS. — La Chapó- 
le. — Les cierges sont de circ jaune. Six ont été 
poses sur l’autel, six sur la cancellata et quinzc 
sur un candelabre triangula iré , place du cótc de 
l’épitre. 

Xous ces cicrges , moins un , doivent s’étcimlre successiTement Ja* 
ranl Poffice pour signiíier l’abandon succeseif tle Jésus-Christ par se* di* 
sciples et sea apotres. 


MERCREDI- SAINT. 


41 

Le Pape. — Pluvial rouge et mitre blanchc , 
ou chape de serge rouge á capuchón. 

Les Cardinaux . — Soutane et chape violelte. 

OFFICE. — Premier Noeturne . — - Trois psau- 
nics avec leurs antiennes plainl-chant, Paicr noskr 
á voix hasse. 

Premiére Lamenlation de Jérémie. — Mus i que 
a quatre voix de Palestrina. 

Deuxicme el troisiéme Lamcntation. — Plain-chant. 

Dtujciéme Noeturne. — Trois psaumes, trois an- 
lienncs, trois lecons lirées de SaiuL-Auguslin, trois 
réponds: psnlmodie et plain-chant. 

Troistcme Kfldurne. — Lecons de Pupitre de 
Saint-Paul aux Corintbiens, le reste comme au no- 
cturne précédent. 

Laudes. — Psaumes, antiennes, canliques, plain- 
chant. A la reprisc de Fanlienne Tradilor , qui su i t 
le Benedictos, le Pape descerní, s’agenouille sur le 
pric-dicu placó devanl Paulel, et il y reste jusqu* 
á la fin de P office. 

Miserere . — II y a trois composilions difieren- 
tes (le ce pseaume chanté dans trois jours de la Se- 
maine Saiute. Celui de Grógoirc Allógri, composó 
en 1638: il consiste eu deux verséis, rópólós alter- 
nalivement, Pun á cinq, Pautrc a quatre voix, et 
le dernier, verset , á neuf. Le second Miserere, cst 
de Thomas Bai , composé en 1711; il est difierent 
dans presque chaqué verset: le premier á cinq voix, 
Faulre á quatre, le dernier á huit. Quant au troi- 
siéme Miserere, il á otó composó par Joseph Baini en 
1821; il cst á dix voix. L’exéculion do chacun do 
ccs trois pseaumes dópend de la volonló des chan- 
teurs, car il n’est pas dócidó Icquel doit élre chantó 
le Mercredi, le Jeudi ct le Vendredi Saint, ün eon- 
náit la cólóbritó des Miserere de la Chapelle Papa le. 


22 


MERCREDl- SAINT. 


Aprées ce mnrceau, le Souverain Pontife rócilc 
l’oraisou, á la fin de laqucllc on fait un peu de bruit 
dans la chapelle; puis le Pape et les Cardinaux se 
retirent. 

SA1NTE MARIE MAJEURE. 

• Audiíion des Confessions. 

Vers Ies deux heures aprés midi, lo Cardinal 
grand-penilencier se rend á Saint- Maric-Mnjeure, 
pour renouvcller la cérémonie qui a en lieu á Saint- 
Jean de Laleran, le dtmanche préeédent (voir ce jour), 

Le collége des Pénilenciers de cctte basilique se 
compose de religieux dominica i us. 

HOSP1CE DE LA TRINITE. 

llepas des Pélerins . 

HISTORIQUE. — L’ hospice de la Trinité des 
Pélerins ful fundé par Sainl-Philippe de Néri, en 
1548, pour recevoir el bebérger pendant trois jours 
les pélerins hommes el femmes que la dévolion améne 
á Rome. On y admet cgalement pour Irois ou six 
jours les pauvres voyageurs el les convalescenls sor- 
tanl des différenls hospitaux de la vi lie. 

La moyenne des pauvres el des élrangers ncces- 
siteux rccus dans la da a i son, varié suivant les dif- 
férentes saisons de Tannóe. A l’approclie de la Sainlo 
Semaine, les derniers jours surloul, leur nombre 
dé^asse ordinairemenl Irois ceñís. Le Mercredi , lo 
Jcudi ct le Saincd ¡-Saint, les Cardinaux, la noblesso 
romaine, les principaux inembres de la bourgeoisie, 
et généralement loüs.ceux, ciloyeos ou élrangers, 


MEHCRF.DI-SAINT. 


23 

qui sont iascrits sur la liste des confrórcs, viemient 
laver les pieds et servir á table ces inconnus qu’il 
appellent chrctiennement fratelli pellegrini . Ces jour- 
la, le publie est admis á circuler dans les salles de 
rhospice une heure oprés V Ave María . 

A la méine heure, les dames et princesses ro- 
maincs remplissent les minies fonctions auprés des 
fcaimes pélerines daos leur quartier particulier/ 





JEUDI-SAINT. 


Slaíion á Sainl-Jean de Laleran. 

HIST0R1QUE. — Le Joudi-Saint, appelé aussi 
le Jeudi de la Cene du Seigneur, ful toujours consa- 
cré au souvenir de la dcrniérc Pilques de Jósus- 
Christ, et de Pinslitulion de la divine Eucharislie; 
inais vers le mil ¡cu du Ireiziéme siéele, Urbain IV, 
trouvant que ce cinquiéme jour de la grande semainc, 
étant voisin du Vendredi de la morí du Seigneur, 
participait du deuil de cello grande caiaslrophe, el 
que par conséqueul Tallégresse de PEglise ne pou- 
vait y 6tre complete comino semklail l’exiger la féle 
du Sncreinenl de l’Amour, decreta qu 1 indépcndam- 
mont do cello premiare fóle on en céldbrerait une 
secunde en IMionnclir de la Sointe Eucharislie. II 
cboisil pnur cotte solennilé, dnns laquelle rien de 
triste ne vicndrail se moler, la cinquiéine ferie aprés 
la Sainte-Trinilé. Ce jour dovint dcpuis le jour du 
Corptts Do mi ni. Celui de la Semaiue Saiule resta le 
Jeudi de la Sainle Cene. 

Autrefois on céléhralt deus meases, (jualrc tuesses, et plus comrou- 
jnémenl trois meases ce jour-la 

La premiére pour la réconciüation lies pcnilens pulilica. 

La seconde pour la bénédiction (les snintes huiles. 

La troisieme en méoioire Je l’inslilulion Ju Sacrcment. 


JEUDI-SAIIST. 


25 


Le Clergé el le peuple y fuisaient la communion. 

Aujounl’hui on ne célebre qu’uoe seule mease , a laquelle on élc 
joinles les différcDtes cérémoniea qui étaienl patliculiéres aux ileux 
autres. 

MESSE. 

CHAPELLE SISXT1NE. — Couleurs el orne - 
ments. — L’autel et le Yoile de la croix sont en 
soie bl anche. 

Tenture. — Une tapisserie aux armes de Clé- 
ment VIH, roprésentant le Christ mort, soutenu par 
deux anges; la descente dans les Limbos el Pappa- 
riliün á Mudelaine. 

La tróne. — Eloffe d’argent, brochéc d’or. 

Le Pape. — Biche pluvial, mitre de loile d’or. 

Les Cardinaux, chape violctle*. 

OBED1ENCE DES CARDINAÜX. — (Voir le 
Dimanche des Harnea ux). 

MESSE. — 1. Introit. — La Mcsse, célébrée 
par le Cardinal-doyen , se dil suivanl le ril ordinaire 
de la chapelle jusq'á la Consócration. 

2. Ofl'ertoire. — II cst chanté en chant grégo- 
rien ou [aux bourdon. On chante ensuite le motel: 
Fruiré*, ego enim accepí , a huil voix de Palcslrina. 

3. Sanctus. — Douxe hussolanli eu chape rouge 
sorlent de la sacrislic avec des torchos allumées, 
el viennent s’agenouillcr devant Paulel, six d’ un 
cóíé et six de Pautre. 

4. Consécration . — Le célébranl consacre deux 
hoslios dont Pune sera consommée par lui pour 
compléler le sacrifíce, et Pautre mise en reserve 
pour le fonction du iendemnin. Pour cctte raison le 
diacre la depuse dans un cálice de vermeil et de 
cristal de roche riehement ciselé. II représente le 


JEUDI-F5AINT. 


26 

Christ entouré de ses douzc apólres. Ce cálice reste 
sur 1’autel jusqu’á la proeession. 

5. Un peu aprés l’clcvalion, on distribue les 
torches aux Cardinaux et á la prélature. 

6. Le Messe continué jusqu’au Deo gralias. 

PROCESSION AU SEPLLCRE. 

Capelle Paoline. 

Les cardinaux , les archeveques et les ¿v&jues revólent les orne- 
ments de leur ordre. 

La prélature se range sur dem files* 

1. Deux Cardinaux-diacres monlent au trónc 
pontifical; le Pape en descerní avec cux pour venir 
devant Paule! rccevoir le cálice contenant les Saintcs 
Espéces. 

2. La proeession se met en marche au travers 
de la salle royle éclairée par douzc candelabros. 

3. Aussilót que la Croix papale, couverte de 
son voile violet, cst sortie du presbytére, les chan- 
tres cnlonnent le Punge lingua > qu’ils mesurent de 
maniere á comtnencer le verset Verbum caro au ino- 
inent oú le Saint-Sacrement passe le seuil de la cha- 
pelle-Paolinc. 

Le Souverain Ponlife porte la sainle lioslie a pie J et lele nue. Le 
dais esl soulenu par liuit evoques assistans aul trónc ou huil prolonolai* 
res. Les Cardioaux tieonent luer mitre et leur celolle a la main. 

4. Qüand le pape cst parvenú aux marches de 
l’autel, il remet localice au Cardinal-diacre, celui- 
ci au prélat-sacristc, lequcl va le déposer dans Turne 
sepulcral© qui se ferme á cié , et dont la cié est 
remisc en garde au Cardinal grand-pénitcncier qui 
doit célébrer le lcndemain. 


JEUm-SAINT. 


ai 

5. Les chantres disnnt le Tantum crgOj á qua- 
tre voix de Pitoni, qui achévc la cérémonie. 

Tout le monde passe a la Loge Valicane. 

BENEDICTION PONTIFICALE. 

LOGE VATICANE. — La loge ou grand balcón 
de la faca do de Saint-Pierre á élé recouverte de 
tapis á crépines d 7 or, et une vaste toile la préserve 
des rajons du soleil. Le Pape y est apporlé sur la 
aedia gestatoria dont il ne descend pas, mais sur la- 
quelle se tenant debou t, ¡I donne le triple bénédiction 
apostulique (voir le jour de PAques). 

Aprés la bénédiction , deux Cardinaux Iiscnt , 
le premier en lalin et le second en itálico, l’indul- 
gence pléniére accordée aux assistanls, et en jettent 
le bref sur la place. 

La lecture de la bulle Tn ccena Domini et l’extinctioa du cicrge 
ilecirc jaune, maintenaul aupprimé, précédnienl nutrefols celte lénédlclioQ. 

LAVEMENT DES P1EDS DES APOTRES. 

Jiasilique Saint-P ierre , 
travée des Sant/Ue-Processus et Martinien. 

HISTORIOLE. — Cette cérémonic, appelée en 
slyle lilurgicjue Mundatum (du premier mol latín 
de Pantiennc que Ton y chante), et en italien la 
lavanda , représente l’action de Nolre Seigueur que 
voici : 

Saint Jean , <3. vers. 4 . 11 se leva de talle, quilla «es véteraenls, 
et ayant pria un linge , il le mil aulour de luí. 

5. Puis aynul versé de l’eau daña un liasslo , il commen^a a laver 
W pieda a aea diaciplea, et a lea eaauyer avec le linge qu*il avait autour 
de luí. . . . 


28 


JEUDI-SMNT. 


12. Aprés done qu'il icur eüt lave les piedi, il repril ses vclcmenls, 
el , s’étaul re mis a tahle, ¡1 leur dil : Savez-vuos ce que je viens de vous 
faire ? . . . . 

4 4. Si done je vous ai lavé les pieds, moi qu¡ suis votre Seigneur 
et volre maitre , vuos devez aussi, vuos laver les pieds les uus aux auires. 

45. Car je vous ni donne IVxemplc afín que, pensaot a ce que 
je vous ai fait , vous fassiez aussi de mérne. 

Cette fonction est d’unc haute anliquilé sans 
qu’on sache posiliveinent Pépoque de son ótablisse- 
ment. Elle se célébrail autrefuis, ou á Saiul-Laurent 
ad Sanctu Sancionan (la Scala Sania) 9 ou dnns le 
pelit monastére de Saint-Marlin, suivanl que le Pape 
habí la i t le Lateran ou le Val i can. II parait niéoio 
d’ aprés Cencío Carnerario , qu’ alorselle était douhlo. 
Un premier lavement des pieds do douze sous-diacres 
se faisait á la fin de la messe, et un secood de treize 
pauvres au sortir du diner. Les nomhreuses fonclions 
de ces jours ont nécessité depuis la suppressiou de 
P un des deux. 

Le nombre treize adopté pour les prélrcs ad- 
mis au lavement des pieds > et qu¡ prennent á cette 
occasion le nom d’apólres, a exercé les liturgisles 
sans les amener encore ü une solution linale. Libre 
de choisir enlr’cux, nous penchons pour ceux qui 
veulent y voir rouge miraculeusemenl trouvé assis 
á la lable de Saint-Grégoirc I, au milieu des duu/.o 
pauvres qu’il y odmellail quotidieniiemcnt sur lo 
moni Ccelius. Cette charité dé Sainl-Grégoire-le- 
Grand ful souvent imitée par les ponlifes romains. 
Un des derniers, Léon XII, faisait chaqué jour servir 
á diner dans une salle de son palais a treize pauvres 
prélrcs, pélerins ou autres. 

Le choix des apotres apparticnt en vertu de 
concessíons pontificales á 

L’ambassade de France, 


1 


JBUDI-SjUNT. 


29 


L’ambassade d’ Aulriche, 1 

L’ambassade d’Espagne, 1 

L’ambassade de Portugal, 1 

Cardinal Secrétairc d’Élat, 1 

Cardinal Camerlingue, 1 

Cardinal Préfet de la Propágande, 2 

Cardinal prolccteur des Aroiéniens,' 1 

Le Cnpitaine des Suissc, 1 

Le Majordome, 3 


Indépendaramenl de ccs trois nominations, lo 
majordome doit donner son approbation aux aulrcs. 

COULEURS, TENTÜRES ET ORNEMENTS, 

— Tróne , Le siége’ papal esl placó sur une estrade 
élevéc. Au fond une lapisserie représcntanl la Pro- 
vidence assise sur le globo du monde, entre le Justice 
et la Charitó, avcc deux lions de sopport qui tien- 
nent Ies ólendarls de la Sainlc Eglise. Le bañe des 
treizc apótres se trouve á la droite du tróne, sur 
une soconde estrado communiquanl de plain-pied avec 
la premiére. Derriére etadossée á la parois, la magni- 
fique lapisserie de la Cene, travailléc á Saint-Michel 
de Hipa-Grande, d’aprés le fameuse fresque de Lóo- 
nard de Vinci. Les Cardinaux assistant a la cérémo- 
nie, prennent place autour du tróne. 

Tribunos des princes de sang royal et du corps 
diplomalique dans Pareado a gauche. 

Places réservées aux dames admises dans Par- 
cadc á droite. 

Les hommes en costume circulcnt dans Penceinte 
inlérieure. 

VÉTEMENTS. — Le Pape . — Aubc, ccinture, 
cióle et pluvial rouge, mitre lamóe d’argent. 

Les Cardinaux . — Cbape Yiolette. 


30 


JEUDl-'SAINT. 


Les treize prétres . — Une Iongue soulane á ca- 
roail et une coiffure conique, le tout de couleur 
blanche. 

Sur une crédence aupres du troné sonl poséa les siguieres , les 
Lass'ms , les fleurs, les Unges el autres objeta nécessaires a la cérémonie. 

ENTRÉE DU PAI’E. — La prólature, IcsCar- 
dinaux, le Souverain Pontife et tnul le corlégc qui 
Paccompagne, descendent dans la basilique p¿ir la 
chapelle du SainUSacrement , d’oii ¡Is enlrent dans 
la Iravée par la porte ménagée sous la tribunc des 
priuces. 

CHANT DE L’EVANGILE. — Le pape monte 
ati IrOne, il henil l’encens et le diacre, en étole el 
daímatiqiic blanche, qui doit cbauter l’évangilc. 

C’est celul de la mease du jour en Saint-Jeon , di. 4 3. 

Aprcs ccttc lecturc, on présenle le texte au 
Pape qui, aprés I’avoir baiséj recoit trois fois l’en- 
cens du Cardinal-diacrc. 

MANDATUM. * — Aussilót la chapelle entonne 
la premiere antienne dn Lavcment despieds: Man- 
da lum. 

Le Pape se léve, óte le pluvial, se ceint d’un 
petit lablier, et, précédé de ses mnssiers, d’un aide 
des cérémonies el de deux Cardinaux-diacres, passe 
sur l’eslradc des epótres. Coux-ci doivent avoir le 
pied droil déchaussé. Lé Pape se mel á genoux de- 
vant chacun, lui pose le pieds datís un bassiu tic 
vermcil conlenanl de Pean, le frotle légérement, 
l’essuie avec un Unge, 1c baise, se releyó et passe 
é un aufre. Deux camériers-sccrets soutiennent la 


JEUDI-SAINT. 


31 

falda du Pape, et deux. bussolanti portent, Pun le 
bassin, Pautre le lingo pour essuyer. Chaqué prétrc 
re^oit a Pinstant métuc du Pape, du Cardinal-diare, 
ou du Trésorier d’Etat qui suivenl Sa Sainteté, un 
bouquet de lleurs; et deux. médailles commémoratives 
de Pboüneur qui lui est fait; Pune d’or, Pautre 
d’argent. 

Treize foli done , le successeur clu premier des apolrea, le Vicaire 
fiiible de Jéaus-Clirisl , le Frére, ou pour partea plus juste, le Pcre des 
Roía, le premier du sacerdote , s’Jiumilie et a’abisae devanl le pnuvre et 
le pélerin, dont ¡1 se fait níellement en ce jour le serriteur des serviteur 9 . 

Apres s’ülre releve uue derniére fois, lo Pon- 
life retourne au tróne, se lave les tuains, reprend 
le pluvial, puis recite le Paler et les priores inri i- 
quées pour la fin de la fonction. 

Le cortcge gagne aussilót la Logo Vaticano. 

TABLE ET DINER DES APOTRES. 

HISTORIQUE. — Ce repas, durant lequel le 
Souvcrain Pontife continué ses Immbles fonctions de 
serviteur, est encoré une mémoire de cello derniére 
Cene du Sauveur, dont toule la journée est pleine. 

Autrefois il avait lieu dans une des salles du 
palais, inais la sollicitude du Pontife Grégoire XVI, 
prcnnnt en considera tion lo grand nombre des per- 
sonnes venant á Romc pour les solennités paséales, 
ordonna qu’il se tiendrait dans la Logo Valicane . La 
table formée en rcctanglc, est élcvée sur uue eslrade, 
el ornee fdégnmment de linge, de íleurs et d’orfé- 
vreries. Une barriere la separe de Pespace oú cir- 
culont Ies hommes. Les bañes des dames lui font face. 

Les npótres arrivent Puu á la suite de P nutre, 
lis altendeul á Ieur place jusqu’á ce que le Pape 


JEUDI- SAINT. 


32 

entre. Le Souverain Pontife qui a changó de vétc- 
menls, vient en soutanc de lainc, rochet el mosette 
blanche, bordee d’hermine* Le Service de la chambre 
Paccompagne en mantellone. 

Les apólres se mettent á genoux quand le Pon- 
tife cutre; il leur donnc á laver Pon aprés Pautre, 
et cela fait, il bénit la table. Un cbapelaiQ secret 
fait une lecturc relativo á la cérémonie* 

SERVICE. — Les plats sout portes par les pré- 
lats qui les prósentent a genoux au Souverain Poa- 
tifo. Celui-ci les prend et les rnet devaut les apólres. 
Le Saint-Pere leur sert de quelques plats, leur odre 
diverses Ibis á boire, puis ayant donné une seconde 
bénédiction a tous, il se retire dans ses appartcments. 

La ilesscrtc ele la lablc apparlieril bux prétres qui s*y sont assu, 
ainsi que l’habil de laiue duul ils onl ele revélus. 

MATINES OU TENÉBRES. 

CHAPELLE SIXSTINE. — Couleurs et orne - 
menls. — Aulel, tróne, bañe des Cardinaux eniié- 
rement dépouillés. 

La croix couYerle d’ un voile violet, et cierges 
de cire jaunc. 

Le Pape, pluvial rouge. 

Les Cardinaux, chape violetto. 

Les Massicrs, la masse reuversée. 

OFFICE. — Premiére Lamentaron. — A qualrc 
voix de Palesiriua. 

Miserere. — (Voir Ies oQicics des ténebres du 
Mercredi Saint). 


JEUDI-SAINT. 


33 


BASILIQÜE DE SAINTE-P1ERRE. 

A niidi Ies confréries de la ville viennent pro- 
cessioncllement , avec la croix en léte , recevoir la 
bénédiclion des Saintcs Reliques. 

LE GRAND-PENITENCIER. — A vingt-une 
bcnre d’Italie le Cardinal gran-pénitencier vient écou- 
ter Ies confessions, el dislribuer les iudulgences. (Voir 
le dimanche précédent á Saint-Jean de Lalcran)* 

MATINES. — Pendant que Ies Matines se chan- 
tent á la chapelle Sixline, le chapitre de Saint-Pierre 
chante les siennes dans la chapelle Chórale. 

Les Lamentulions ct le Miserere s’j disen t en 
musique. 

PURIFICARON DE L’AUTEL PAPAL. 

L’autel du la Confession, appelé aussi aulel papal, 
est exclusivement reservé au Souverain Ponlife, ou 
nux réverendissimes Cardinaux, aulorisés chaquefois 
par un bref special. 

La puriftcalion ou le lavage s’ en fait le Jcudi- 
Saint de la maniére suivante: 

Sur une crcdence posee du c<Mé de Fépitre sont 
places: Sept vases de cristal, un vase de metal doré 
rempli de viu, un bassin argenté, avec sept éponges, 
enliu des aspersoirs de buis ou de cornouillier. 

Une nappe sans bordare couvre Uaulel. 

1. Aprés Matines, Phebdomadier , en étole et 
pluvial noirs, et les six plus ancicns chanoines, en 
rocbet et en étole noirs, viennent á l’autel de la 
Confessioa précédés de toute la collégiale. 


JEUDI-SAtNT. 


:n 

2. Le porle-croix at Ies deux acolites monlcnt 
a Poricnt du tombeau. Les musiciens, Ies semina- 
ristes el les chapelains se placent sur les ailes; les 
chanoines ct les bénéficiers forment le deini-ccrcle 
en avant, el Phebdomadier el sos six assislanls se 
placent de fronl au has de la premióre marche; lous 
s’agenouillenl. Puis qunnd ils onl prié un rnomenl 
le célóbrant impose I’ aulienne Diviserunt siOi , qui 
esl confmuéc sans chanl par Ies chapelains, mus i- 
ciens et seminaristas. 

3. Le sous allarislc enlévc la seule nappe rcslee 
sur l’aulcl; peudanl ce tenis I’ hebdomadier laisse 
sa chape, el monte sur le marche-pied avec les six 
chanoines. 

4. Le sous-allaristc leur présenle le vaso de 
cristal daos lequel il verse du vin. 

5. Les chanoines répandent ce vin sur l’aulcl, 
ct PclendenL avec les aspersoirs de bois. 

6. Cela fait, ils se relirenl de cóté enlre les 
colonnes. 

7. Six aulres chanoines leur succédent et recoin- 
mencenl la inéme ccmnonie ; á ceux-ci six aulres; 
et puis six aulres; et ainsi de suite jusqu'au dernier 
emplové du chapilre. 

8. Quand lous onl passé successivament, le ce- 
lébrant et les six chanoines reviennent sur le mar- 
che-pied. Le sous-allaristc leur présente le bassin 
oú sont les éponges, et cclui des serviettes, afín 
qu’ ils enlévent le vin et asséchent la pierre saerée; 
ce qu’ ils íont. 

9. Redesccndu sur le pavé, 1’ hebdomadier re- 
prend sa chape, s’agenouillc, repele P aulienne Di- 
viserunt, qu’il fait suivre du Christus faclus , du Pa- 
ter et de Poraison liespice quaesumusj Domine . 


JEUDI-SAIKT. 


33 


BÉNÉDICTION DES RELIQUES. 


Aprcs l’oraison, le chapitre se tourne vcrs le 
pilicr de la Véroñique pour recevoir la bénédiction 
des rcliques de la Satine Face, de la Vraie Croix et 
de la ¡.anee. 

Quand le chapitre se retire, l’autcl reste dé- 
converl et Loutcs les lampes clcintcs.. 

Dotis ce moroent de dépouillement ct de silencc , les proporlions 
<!e la Bnsilujue seuildent s’etre doulitées ; i t quelrjue e lióse de fruid rt 
il’ioaccoulumé y impressionne Pame, plus fortement peut-éire qu’en au- 
cunc nutre lieure de l’anuée. 

SÉPÜLCRES DE DIVERSES ÉGLISES. 

Ce meme jour, toutes los eglises de la vil lo 
fonl des sépulcres , c’esl-á-dire ornenl de fleurs et 
d’un grand nombre de cierges l’autel contenant les 
Saiiitcs Espéces, qui onl été consacrées pour la cé- 
rémonie du lendemain. 

Sans recommnnder ces sepulcros sous le point 
de vue arlistiquc, nous en conseillerons la visite 
aux ames pieuses, leur indiquant plus particuliére- 
mehl : Saint-Antoine des Portugais, le Jesús, les 
Sainls Apotres, Sainte-Marie de la Mincrvé, Saint 
Marcel, eL Saint-André della Valle oü Ton préche 
la Passion la nuil. 



VENDREDI-SA.INT. 


CHAPEELE SIXTINE. 

Slalwn á Sainte-Croix de Jérusalem . 

HlSTORIQUE. — Ce jour est spécialement con- 
sacre á la mémoire de la morí da Seigaeur, el á 
Padoration de la Sainte-Croix. 

Ancicnncrocnt le Souverain Ponlifc se rendait, sui vi des Cardinaui 
et Je la prélalure , á ln petite }>as¡li<|ue des Sainl-Lauient ad Sancla 
Snntorum (la Seala Santa ) , oü étaienl conserves avec les tetes dea bien* 
heureux apotres Pierre et Paul , deux reliquaiies conlenonl du bola de 
la vraic croix. 

Le Pape sortnit les reliqueo de leur custode , les vénérail, les pré* 
sentail á kaiser aux assistanis , puis renfermant do nouveau les deus 
teles des sainls apotres et Tune «les précieuses croix, il donnait l’autre 
a teñir á un cardinal-prélrc. Aussilót la procession se lormait ; se reo* 
dait d'aliord a Sninl-Jcan de Lateran pour prendre Plioslie consicrce 
de la veille , el de la a Sainte-Croix di Jérusalem. 

Pendnnl cette procession le Pape , le Cardinntix , le clergé et le» 
íideles inarchaienl pieds ñus. On psalmodiait des psaumes, et o colé du 
Cardinnl-prétre porlant la croix, dont nous avons parlé , un nutre Car* 
dinal portait la Sainte Hostie. 

COULEURS ET ORNEMENTS. — Disposilm 
de la chapelle. — Come pour les Ténébrcs de la vcil- 
Je , les ciergcsnc sont pas allumés. 


VENDREDl-SAlNT. 


37 

Le Pape ¿ en étole violelte, pluvial rouge, mi- 
tre lamée d’argcnt, point d’nnncau. 

Les Cardinaux, point d’anneau, boucles d'ar- 
gent ou d J acier , vétements de lainc enlíércmetU 
viole ts. 

MESSE DES PRÉSANCT1FIÉS. 

HISTOR1QDE. — Quoique le non de messe 
soit donnó á la cérérnonic du Vendredi-Saint au raa- 
tin, elle est bien difiéreme de la messe proprement 
dile,n’ayant ni le characlére, ni le rit d’oblation 
ct de sacriíicc de cellc-lá. 

ENTRÉE DU PAPE. — Le Pape vicnt á la 
chapelle précédé de la croix couverle d’un voile, 
mais il y entre sans donner les bénédictions ordi- 
nales. Arrhé au prie-dieu, il depose sa mitre, s’age- 
nouille et prie avec le célébrant piaré á sa gauche. 
Pendan t ce tems, deux mailres des cérémonies éten- 
dent une nappe sur l’aulel. Le Pape se reléve, monte 
au tróne qui doil élre entiérement dégarni et oü il 
n’est assistó que par un seul patriarebe. 

On lie luí porte pus le liougeoir pemlanl toule la fonclion. 

1. be célébrant, Cardinal grand-pénitencier , 
monte ii Fautol, le baise eL s'asseoit. Un chantre 
lil la prophélie d’Osée, suivi du irait et d’une orai- 
son, Quand celte ora ison esl lerminée, le sous-diacre 
lil, sur le ton de l’épitre, la seconde lecon tirée de 
l’Exode également suivi de son Irait en plain-chant. 

2. Trois diacres, en aube avec Fétole et le ma- 
nipule noirs , viennont saluer Faulel, puis le Pape, 

se rendent cbanter Févaogile selon Saint-Jcan, 
chnpitrca 18. el 10. (Voir le Dimanche des Kameaux). 


38 


VENDREDI- SAINT. 


Aux paroles : El inclínalo capitc cmisil spiritum , toul le monde 
a’agenouille. 

3. La fin de la Passion esl chanlée sur le Ion 
de l’cvangilc, mais sans bénédiclíon, luminairc ou 
encenscment. 

4. Discours latín sur la mort de N. S. Jésus- 
Chríst. Indulgence de trente années. 

5. Le célébrant chante les dix buit oraisons pour 
Péglise, le Souvcrain Pon ti fe, le clergé et les fitiéles, 
Pautoritó Civile, les calhécuménes, Ies malades, les 
voyageurs, tous ccux quí souflVent, les héréliques, 
les juifs, les payens; en un mot pour tous les hora- 
mes crees par Dicu v sans exception du juifs ou da 
gentil. * 

Ccs ornisons élant écoutces debout , le diacre avertit de se met- 
Ire h genoux aprca chachunc d'cllcs par le Jlcctamus gemut , cxceplé pour 
celle oii Pon prie pour les juifs, afín de rappeler iju’ils s’agenouillrrrnt 
dérisoiremenl devant le ClilUST-ÜÍEU an jour de sa Passion , en lui 
diaanl , npres Pavoir soufflelé : Salut , 6 Rui des Juifs • 

ADORATION DE l.A CROIX. 

1. Le célébrant óte sa cbasuble, va a la corne 
de l’autcl du colé de P ¿pitre ou ¡PreQoil des mains 
du diacre, une croix enveloppée d’ un voile noir. 
Alors ¡I se tourne vers le peuple et découvre le haut 
de la croix, disanl: Ecce ¡ ignum crucisj voici le bois 
de la croix. 

Deux eboristes répondent : in quo salus , dans 
Icquel esl le salid; et le chceur Venile> adoremusj 
venez, adorons-Ie. 

Le Pape et tous Ies assistants se prosterncnl. 

Alors le célébrant fait quelques pas vers le rai- 
lieu de Paulel, découvre le bras droit de la croix 
ct répéte les paroles cilécs plus baut. 


VF.NDREDI-SAWT. 


39 

Quand le choeur y a répondu Venile ¿ Adoremus , 
le célébrant fail de nouveau quelques pas, découvre 
cntiéremení Ja sainlc image, et di t une troisiéme ibis, 
Ecce lignum . Au miimc istant un elere de la chapulín 
decouvre la croix pontificóle. 

2. Le célcbrant descerní les marches de l’autel, 
tenant dnns ses mnins la croix qu’il a découverto, 
et va la déposer sur le riche coussin préparé a cet 
clTet. 

3* Le Pape ct tous les assistnns se rclévent, 
deux camériers muntent éter ses mules ; on luí léve 
úgalemcnt le pluvial, et il reste en aube, en étole 
et en mitre. t 

Dans ce coslume, et Ies mains jointes, le Pape 
descend jusqu’á rextrémité des baños cardinaliccs* 
Lá il quitte la mitre et la calotte , ct fait sa pre- 
miére udoralion ix deux genoux. 

Deux mallres des cérémonies Paccompagnent. 

La scconde adoration a lieu vers le milicu du 
presbytére. 

La troisiéme au pied du Crucifix qu’il baise. 


Aranl ile fe retejer pour rcmonler a sa place, le Souverain Pon- 
life pose dans le bassin de vermeil , piaré a gBuche de la croix , une 
bouiíe de damas violet conlenonl cení écus d’or. 

A la premiére adoration du Pape, la chapelle 
cora menee íes cójébres improprii de Palestrina; VA- 
(¡ios o Hitos y Sanclus Dtus , ct Ies autres priores 
prescritos. 

4. Los camériers des Gardinaux entrent dans le 
presbytére, afín do lever la chaussure á leurs inai- 
tres. Ceux-ei, deux par deux, et suivant leur ordre 
d’anciennelé, fonl Icur adoration á la croix de la ma- 
niere décrite pour le Souverain Ponlife , nyant la 


VETVDREDl-SAIIX'T. 


% O 

chapo traillante, sans caudataire pour la porter. 
L’uflrande do chaqué Cardinal consiste dans un ccu 
d’or, au marc de seize pauls ; le célébrant et le 
Cardinal-doyen marchenl les premier». 

6* Aprés les Gardinaux, la prelature fait son 
adoration. 

Les patriarchcs, archevéques, évéquos, les gé- 
néraux d’ ordrc sans chaussure : tous les autrcs 
chaussés. 

7. Pendant 1’ adoration la chapelle chante les 
antiennes, psaumes et hyinnes indiques dans les ri- 
tucls et livres d’heures. 

Ouand T adoration tire á sa fin Ton allurae les 
cierges, le diacre étend le corporal sur l’autel, puis 
va relever la croix qu’ il place entre Ies chande- 
liers. 

PROCESSION Aü SÉPULCRE. 

1. Les chantres quittent la chapelle Sixtine, 
el vont se ranger en deux choeurs en avanl de la 
chapelle Paolinc, nu deux liers á peu prés de la 
salle royale. Aussilót la prelature sort silencieuse- 
inent de la chapelle, le mailrc du sacre llospice 
marchant le dernier; puis V auditeur de Role por- 
tant la croix, accompagué de deux acolytes aposto- 
liques avec leurs cierges allumés; puis le Sacre 
Cullége; puis le Pape, assisté des Cardinaux-diacres, 
et suivi des prélats di fiocchtUi ¿ des prolonolaires 
apostoliques et des généraux d’ordre. 

2. Arrivé au bas de l’autel de la Chapelle Pao- 
line, il fait une courtc priére, pendant laqucllc le 
prélal-sacriste recoit du Cardinal graod-pénilencier la 
cié de Turne sépulcrale qu’il lui avait ddnnée la 
veille. 


VENDREW-SATNT. 


41 

L’ayant rccue , il ouvrc le tabernacle. Le Pape 
encense Irois fois, ce qui étant fait 5 il en retire ic 
cálice conténant les Saintes Especes. 

3 Le Pape recoil le cálice des mains du Cardi- 
nal-diacre, 1 approcbe de sa poilrine, ct le re- 
couvre d’ un pan du voile qu’ou lui a mis sur les 
épaules. 

4. La procession retourne á la chnpelle Sixline 
dans Pordre dont ello en est sorlie. 

Le pape porte le Sainl-Sagrement, la téle dé- 
couverte; le prince assistant au tróne soutient le 
Las de son pluvial; les patriarchcs, archcvúqucs ct 
évéques le dais; douze bussolarili les torchos. On 
chante la beau V exilia re gis prodeuni , dont on im- 
pose le versel: O crux ave , aussitót que le Souve- 
rein Ponlife entre dans la chopelle Sixline. 

5. Au bas de l’aulel, le Pape remet le cálice 
nu célébrant, qui le pose sur la pierio sncréo. Le 
Diacre délie le voile dont il est cnveloppé, el Ten 
rccouvre de uouveau comme pour une messe ordi- 
naire. Aprés V encensemenl du cálice, le Pape re- 
monte á son siége. 

ACHfcVEMENT DE LA MESSE. 

1. L’oíTiciant sort Tboslie consacrée du cálice 
el la pose sur le corporal $an$ prononcer une paro- 
le. Le diacre niel le vin el le sous-diacre T eau dans 
le cálice , que le célébrant prend de leurs mains 
pour le poser sur l’aulcl, oú Péncense Irois fois. 

2. Lavabo ¡ Orate ¿ f retires . — Chant du Pater 
nosterj auquel le cbceur repond : Sed libera nos a 
malo. L'offieiaut continué á domi-voix, la priere qui 
suit, Libera nos queesumus , Domine . Au mol Arríen, 
le Pape descerní au priedieu oú il reste jusqu’á la 


VENDREDI-SAIIS'T . 


42 

cousommaíion des Sainles Espéces. Tout le monde 
s'est mis á genoux. 

3. L’Hostie esl posee sur la paléne, puis éle- 
vóe, de maniere á étre vue au-dessus de la téte du 
célébranl, puis di visee en Irois portions dont la plus 
petite se mct dans le cálice. Tout cela sans pro- 
noneialion de paroles. 

4. Le célébranl consommé; fait les ablutions; 
une genuflexión á la croix, puis se retire avec ses 
ministres. Tout le monde se releve. 

VÉPRES. — Les Vépres commencent aussilót 
que le cclébrant est sorli de la cbapelle. Ellos se 
terminent comme loules les fonctions de ce jour par 
le verset, Chrislus faclus esl, et Toraison Réspice, qui 
termine la fonction. 

EXPOSITION DE LA VRA1E CROIX. 

Chapelle Sixlinc. 

Le Pontife Grégoire XVI a inlroduit le pieux 
usage d'exposer la vraic croix sur l'autel de la 
chapelle Sixtine, á partir de la procession au Sepul- 
cro jusqu'aprés les Téuébres de ce méme jour. 

La parcelle dont on se sert dans celtc occnsion h la forme cPuue 
croix (l’une assez gros volnme. L)’un colé on y voil aculplé le Chriat , Ies 
quatre clona el onze figures d’apólres, de Paulrc la Vicrge, huil figures 
(le fiainis el des caracteres ruuiquea. 

Celte precieuse relique envoyée dans le cinquiéme siecle au pape 
Sainl-Léon-le-Grand , pnr Juvenal , évéque de Jcrusalem, se perilit ou 
plulól ful cgarée du leins des premier* saca de Rome ? alors qu’on vou- 
lail probabtemenl la soustrnire aux insultes des Barbares donl les inva- 
sions se succedaienl. Le pape Saiul-Serge I la relrouta vera l’année 637, 
dans un recoin obscur du Irésor de Sainl-Picrrc. 


VENDHEDl-SAlN'f. 


43 

Pcrtlue une seconile fois, lora de la prise de la ville par le Con- 
nélnlde de flourbon ( I 527)» elle Tul relrouvée miraculeuscment peu apres, 
mais depon illés de la ca&selle d’ar^enl daña laquelle elle avait cié con- 
tenue jusqu’alors. 

Clémcnt VIÍ, smiB le régne tluquel cpt événemenl se passail, luí 
don na son reliquaire actud , qui >sl en vermeil el en cristal de roche. 

Volée une ilernicrc fois en 1730 , Clénienl XH In recouvra; elle 
nc sVsl plus perüue depuis. 

Cette relique appartienl á la chapelle pontifica- 
le; le Pon ti fe glorieusement rcgnanl en cc monaent, 
en a confié le dépót ou cbapilre de Saint-Pierre, 
qui le gardo duns son Irésor du pilier de Saintc-Hé- 
léne, avec la tete de Sainl-André et les insignes 
inslrumenls de la Passion, le voile de la Yéronique 
el la lance. Mais la chapelle perlifícale la reclame 
du cbapilre pour cello occasion. 

MATINES OU TÉNÉBRES. 

Chupelle Sixtine 21 heures et demie d’ ltulie. 

HISTORIQUE. — Les Matines que Pon chante 
le Vendredl soir apparticnnenl, comme nous Pavons 
observé á propos de cellos du Mercredi-Saint au jour 
qui les suit. Or comme tout Poflice du Samedi 
jusqu’á la (in de la Messe inclusivemenl , rappcllc 
le séjour du corps de Nutre Seigneur dans le lom- 
beau , pendanl que son ame divine descendail dans 
les Limbos, les psaumes et les autres partios de 
ccl office se rapportent tous á ce double mysléfe* 

COULEURS ET ORNEMENTS. — Chapelle. — 
Disposi tion comme les deux jours précédents. 

Le Pape. — Pluvial ou chape rouge á capuchón. 

Cardinaux . — Chape de laine violetle. 


w 


YENDREDI-SAINT. 


OFFICE. — Les trois nocturnes se chantont 
dans Tordre indiqué pour les matines de la veille. 

Lamentation a quatre voix; á la fia le Hyeru- 
salettij á cinq voix d’Allegri. 

Miserere j (Voir les léuébres de Mercredi). 

VENERATION DES SA1NTES RELIQUES. 

A la fin des Matines les camériers des Gardi- 
naux entrent dans le presbytére pour leur éter la 
chape longue el leur passor le manlelel el le camail. 

Pendant ce tems le Souverain Pontife va dans 
une salle voisine de la chapclle, prendre le camail 
rouge bordé d’hermine, l’étole pontificóle, la calot- 
te et le chapean; cela fait , il descend dans la Ba- 
silique de Saint-Pierrc , suivi des Cardinaux, ac- 
compagnés eux-mémes de leurs faroilles. 

Les grenadicrs de la milico urbaine forment la 
haie dans la grande nef. 

Le corlégc arrive duus Pordre suivant : 

La Croix papóle ; 

La famille ; 

La maison d’honneur; 

La gardo suisse ; 

La gardo noble ; 

Le Pape ; 

Le Sacré Collége. 

Le Chapilre de Saint-Pierrc reQoit le Souve- 
rain Pontife á Pentrée de la Basilique. Le Pape se 
retid á la Confession, oü il s’ ageno uille a insi que 
lous Ies assistants. 

Aussilól le Vicaire da chapilre luí présenle le 
carloucbe oü Ies oraisons des Sointos Reliques sont 
écrites, en méme teinps un chanoine ordinairemenl 
évéque apporte un bougeoir allumé. 


VENDREDl -SAINT. 4S 

Deux clores distribuent Ies méraes oraisoos aux 
cardinaux ct aux prélnts. 

Cette distribulion achevée , V ostentation si- 
lencieusc des Saintes lteliques a lieu du baut de la 
logo de la Véronique. Quand elle esl finie, le Papo 
aclicvc sa priére, se léve, et entre dans le palais 
sui vi de sa seule xnaison. 

Les Cardinaux se retircnt individuellemcnt. 

DIVERSES EGLISES DE LA CITÉ. 

Dcuolions particuliércs. 

Au Jésus, á Sainl-André dolía Valle, á Sainte 
Maric in Trastevcrc, al Caravita, et nutres, les trois 
heures d’agonie de Nolre Seigneur, suivant la pieuse 
mélhodc des peres Jésuites. 

A Sainle-Praxéde , venération de la Colonnc do 
la flagcllation . 

A Sainl-Augustin, Sainte-Cécilie, Sainte-Marie 
Transpontine, Saint-Marcel , et Saint-Laurent iu Dá- 
maso, adoratiou du crucííix miraculeux. 

ACADÉMIE DES ARCADES. 

•.* 

La séancc acaderaique des Arcados est consa- 
cróe le Vendredi-Saint á le rócilation de vers et 
de prose sur la moví du Sauveur. Les Étrangcrs 
y soul facilcment admis 




SAMEDI-SAINT. 


S latió n a Saint- Joan do La t oran. 

COULEÜRS ET ORNEMENTS. — La chapcl- 
le commence trois heures avant ni id i precises, mais 
le Pape et les Cardinaux. s’ y rendent á leur com 
roodilú. 

L’autel et le presbvtére ont repris quelques-uns 
de leurs pareincnts de fdle. Le pavé et les siéges 
sont recouverts de tapis., cependant V autel et le 
tróne sonl encorc tcndus de violet. 

Le Pape , Pluvial rouge, mitre lamée d’or. 

Los Cardinaux j Chape violelte, has et rabal 
rouges. 

BÉNÉDICTION DE L’EAÜ, DÜFEU, ET DES 
CINQ GRA1NS D’ENCENS. 

Celle bénédJclion se fulsaul hora ile la chapelie , uous ne la ilé- 
criroos pas. 

BÉNÉDICTION MJ CIERGE PASCAL. 

Aussilót que le célébrant vienl ¡i la chapdls 
¿iccompagné de ses ministres, il se rend á son siego, 
henil l’eneens et le mel dans Penccnsoir. 


S A UlEDl-SAl ¡NT. 


47 

Alors le diaere el les sous-diacrc se rendenl á 
la cbapelle Paoline d'oú ils reviennent ix V inslaut 
m^mo dans I’ordre suivaul: 

1. Deux mnssiers, leurs masses hautes; 

2. Deux acolyles porlanl , l 7 un le bassin con- 
tenant les cinq grains d’encens, l’autre l’eneensoir 
avec le feu nouvcau. 

3. Le sous-diacre avec le tricério, espéce de 
cierge á irois branches, represéntala la Trinilé, com- 
me le veulenl la plupart des lilurgislos. 

4. Un raailre des cérémomes Icnant uno torcho 
allumée. 

Deux acolyles. 

Arrivé á la pórte de fer de la salle royale, dile 
dalla Cancel lata , le diacre alíame une des irois bran- 
ches du Iricério avec la torcho portée par le rnátlre 
de cérémonics., puis se meltant á genoux , ce que 
fonl égalemcnt les ministres qui í’ accompagneut , 
exceplé le suos-diacre, il chante scul le Lumen Chri - 
sli; lous répondcnt: Deo grullas, et se relévent. 

La seconde branche du tricério s’allume avec 
les mémes cérémonies veis le milieu de la Sixtinc. 

La Iroisiéme au pied du lléne pontifical. 

2. Le diacre reract le tricério á un acolyte, 
prénd le livre de 1’ Exullet , regoil la bénédiclion du 
céléhrant, ct se rend au pupitre prés duquel est pla- 
có la Cierge Pascal; lout le monde se leve comino 
pour révangilo. 

/ 3. Chunl de I 7 ExulteL 

Cetle hymne attribuée á Sainl-Auguslin , est re- 
gnrdée par les connaisseurs comme le plus beau ré- 
cilalif connu en plain-chante. 

4, Pendnnt ln ilurée de VjSxultet dans les roomenls indiques par 
le rituel, le diacre met les cinq grains d’cncens dans le Cierge, en me- 


48 


S A. MEDI-SAI NT*. 


inoirc des cinq plaies du Sauveur Jésus-Christ et comme pour rappcler 
ausai lea parfums dont son corpa ful einlmume. Le Cicrge Paicol eat 
une représen talion rayslique de ííotre Seigneuc ressujcité. 

Aux paroles in ignem accendit , il Palíame arce 
le tricério. 

LECTURE DES DOUZE PROPIIÉTIES. 

Les chantres commcncent la lecturc des douze 
prophéties , sussilót que la bénédiclioii da Ciergo 
Paschal est achevée. Autrefois la premiére se cban- 
tait en grcc, mainleoant loules se chanlent en latín 9 
et sont suivies des / leclamus genua , et ¿‘'uno oraison 
dite par le cclébrant. 

CHANTS DES L1TANIES. 

A la fin de la douzieme propbélie, le célóhrant 
dépose la chnsublc, et descend se proslerncr sur les 
marches de Pautel. Le diacre et le sous-diacre le 
font égaleraent. Alors deux choristes viennent se met- 
tre a genoux au milieu du presidiere et coinineuceut 
les Litanies. 

Au verset, Propitius esto, les ministres assislants 
yont á la sacristie prendre des véteroents blancs. lis 
en rcviennenl au verset, Peccalores , te rogamus , audi 
nos . Alors le célébrant se reléve et mont á son siége 
pour prendre aussi les véleinenls blancs. 

MESSE DITE DU PAPE MARCEL. 

UISTORIQUE. — Quelqu’écrivain a dit erro- 
nément, que Marcel 11, pcndanl son pontifical du 
vingt un jours, voulant abolir la musique daos la 


SAIUEDI-SAINT. 


49 

Cbnpcllc pont ¡fíenle , Paleslrina se présenla chez le 
pape avec ce lie messe; el que Marcel Payanl érilen- 
due, ¡I en ful si charmé, qu’il révnqua sa défense, 
el que par Iá la musique acclésiaslique ful sauvée. 
Voici la ver i le du fail. D’aprés le Concile de Trente, 
| e pape Pie IV inslilua une congregaron de huil 
cardiuaux pour réformer la musique sacrée, dans 
laquelle il s’élail inlroduil des abus (1). Paleslrina 
regul alors la commission de cómposcr une Messe ou 
Ton entendil dislinelemenl les paroles de la lilurgie. 
)| en fil uue á six voix, qui ayanl élé á l’unani- 
lüilé agrée per la congregalion ful cxéculée dans 
|«i chapellc poní ifícale le 19 Juin 1565. A celle oc- 
casion S. Charles Borromée oílicia ponliíicalemenl (2). 
Bien des nnnécs aprés Paleslrina publia celle Messe 
qu’il intitula, on ne sa i L pourquoi , du pape Marcel. 

Celle méme Messe esl nussi chanlée solennelle- 
rnenl le 29 Juin jour de la féle des apólrcs Sainl 
Pierre el Sainl Paul. 

COULEllRS Ef OUNEMENTS. — On léve les 
pnrometils violéis de Taulel el du Iróne , sous 
lesquels onl élé poses d’avouee des ornements blancs 
lamés d’ argén!. On allume les cierges de I’ aniel pla- 
ces dans des cbandclicrs en bronze. 

IVmlant le terns ilu Caréme on nc s’csL servi que ilc camlelabres 
•rgenlés. 

Le Pape cnlre dans la cbapelle avec un pluvial 
Mane, ou s’il esl deja, on lui óle le rouge qu’il 
parle pour lui nuTlrc le blanc. 

(1) Alfieri Pidro. Brcvi notizie sulla Congregazione, cil Accade- 
wia dr’uiaestri ili musirá di Roma. Roma <855, png. 5. 

(2) Bain ¡ Giuseppe. Mcmorie Slorico-Crilichc «lilla vilo c líélle 
op^re ili Giovonui Pierluigi «la pjil«*?lrina. Roma <828, png. 231. 


SAMF.ni-S AUST- 


RO 

Les Cnrdinaux preuucnt la chape rouge. 

LlEglise dépose deja ses habils de deuil , parce que la Mesie ile 
-('e-jour apparlienl a la nuil de Paquea, ou de la résurreclion, pendant 
laqúelli* on la- chantail auln-fois. Aussi quoiqu'on tul inlroduil l’uaage Je 
lacéléhrer le Samedi uialin pour obvie r aux graves inconvéuients de 
Imites les réunions noclurnes, elle a conservé nóanmoins le ril el U dé- 
nomiualiun de Mease de la. nuil de Paques 

1. Le Pape se place au has de Pautel; il ré- 
ci le V I nlroilm, et fail la confcssion avec le Cardi- 
nal célébnanl placó a sa gauche. 

2. II monle au troné ; le celebran t monto a 
Pautel. 

3. Obédicnce des Cardinaux. 

4 Kyriñ , enceusemenU 

5. Gloria. 

Quand le cclébranl entonne le Gloria , deux eleres enlévcnl le 
voile de soie violetle qui recouvrail la lapisserie du rélahle , représen* 
tanl la Resur recl ion du Seigneur. Les gardes-nobles re léven l la poinie 
de leurs épées, qu’ila portaienl incllnéea veis la Ierre depuis la vedle ; 
1 m auisses reléveni leurs hollebardes ; les massiers leurs masses el les 
huissiers kurs-verge*. 

Au méroe moroenl,. loules les cloches de la cilé, muelles depuis le 
JeudbSiinl, sont* mises en liranle. Les niorliers de lu garde suisse el les 
canons du chaleau Sainl-Ange fonl.de fréquenles décharges. 

Áulrcfórs le Gloria de ce jour et celuidu jour 
de Noel élaient chantes par le seuls évóques: ce bel 
usage est* regrellnble. 

6. Ora i-son* lípitre. 

L’ Epitre terminée , le sous-diacre apostolique 
auditeur de Rote, sai vi d’un maítre des córenlo- 
nies, fail une genuflexión á Pautel, une autre au 
pied du tróne et dit: Pater Sánete ¿ annuniio vobis 
gaudium magnum quod esí, alleluju. Tres Saint-Pérc, 


SAMEDI-SAINT. 


51 

je vous nnnoncc unu boime nouvdlc, l’allclujn. II 
baisc le picil du Pape et so retire. 

AUehtjti esl un rool liclireu qui signifie louez le Seigneur ; Moi'se 
)e pronouca sur le moni Sina'i quanil il s’y rcocontra face & face avec 
Dleu ; ct l’évnngeliale Sainl-J>*an tlans sa visión ile Pathraos l’enlendit 
clianltrr aux nnges adorant Dicu dons le ciel. Son annoncc solennclle 
au Souvcrain Ponliíe indique la fin de la áaisott quadragésimal, pendan l 
iBfjuelle il ue se chante pas. 

7. Evangile ct cnccnscmcnt. 

On omet le Credo et V Offertoire pour rnpeler 
lo silencc dos Saintcs Fcmmcs qui vinrent au Sepul- 
cro de grand matin apportant les parfums qu’ellcs 
avaionl prépares ( Sainl-Luc. 24.) 

8. Oblation, encensemont du Pape et du Sacre 
Collcge. 

9. La Messe se continué suivant le rit ordinní- 
re jusqu’á la Cornmunion, raais on en dit pos V A- 
gnus Dei. 

YÉPRES. 

Aprés la Cornmunion Ies Vépres se commencent 
par ranlicnne : AlUluja . 

On n’y chante qu’ un psaume : Laúdale Domi - 
num Oinnvs gcnies, on répéle , alleluja , puis le c 6- 
lébranl impose le Vespere autem Sabbati , qui estsuivi 
du MagnijiccU en musiqpe-, de Lúea Marenzio* 

EncensemenU 

Oraisoni 

lie , missa esL 

Bénédiction papaie , indulgente de trente ans. 
BASIL1QLE DE SAINT-JEAN DE LATEBAN. 

Baptóme des adultos juifs ouigentils qui entreoí 
dans lEglise Calholique, 


SAMED1H5AINT. 


52 

EGLISE ARMENIENNE. 

A vingt-une heure d’Italie, V Evóque arménien 
célebre la premiére mease de Pftques , suivant le rit 
parliculier de son église. 

FONCTIONS PAROCHIALES. 

Les cures et sous-curés vonl béoir ce jour-ci 
les maisons de leur paroisses. 




OCTAVE DE PAQUES. 

DIMANCHE DE PAQÜES 


S talion á Sainle-Marie-Majeure. 


Los salves repéleos du chálen u Saint-Ange an- 
nonccnl dés Paurorc les solennilés Irois fois sainles de 
ccgrnnd jour. Vers liuil honres da matin les dragons 
pouiificnux et les carabiniers s’échelonncnt lo long des 
roes aboulissantcs au poní Saint-Ange ct á la Basili- 
que, ofin de inaiulenir Pordre partí) i la foule des per- 
sonncs el des voilnres qui s’y pressenl. 

Ces dragons porlenl au casque una pelite branche 
de buis ou d’olivier, rappelanl ainsi involonlairemenl 
peul-élre, Pusngo des légionnaircs se couronnant de 
branches d’arbres les jous Iriomphaux. 

A neuf bcures la gnrde palatino, les grenadiers, 
ellos suisses arrivent á la Basilique, pour former la 
haie dans le vestíbulo el la grande nef, depuis Par- 
eado da Constanlin jusqu’á la slalue de Sainl-Pierre. 
Acollé méme honre les Gardinaux et la prélalure se 
rendenl au Valican en grand corlége. 


DIMANC.HE T>E PAQUES. 


m 

ENTKÉE P0NT1FICALE. 

Quclques minutes avant dixhcures, le Pape, la 
liare en léle el porté sur la sedia gestatoria , part de 
la salle dueale, précédé et suivi de sa cour ecclésia- 
slique et mili taire ; descend Fescalicr Boyal jusq’au 
palier de Constantin ; tourne alors dans le veslibule, 
et entre dans la Basiliquc par la plus céntrale des 
cinq portes. 

Au moment oú il passe le scuil , les Irompclles 
de la garde noble, placees sur le balcón inlérieurqui 
surmontc la porte, font entendre leur fanfares , tandis 
(¡uc les chantres entonnent le célebre : Tu es Pelrus. 
Celte cntrée solennelle du Pontife Prétro et Boi dans 
le premier temple du monde, est un des plus subli- 
mes moments du cérémonial de ce jour. 

ORDRE DU CORTÉGE. 

Un Maitre de cérómonie, chape noire. 

Les Procurcurs du Gollete, chape noire. 

Le Prédicatcur apostoliqüe, habits religieux de 
la couleur de son ordre. 

Le Confesseur de la famille papale, habits rcli- 
gcux de la couleur de son ordre. 

Les Procu reurs-généraux des ordres religieux, 
habits el couleurs de leur ordre. 

Le Joailler du Sacré-Palais, hábil de ville avec 
Pépée. 

Chapelain porlanl le trirégne, accompagné de 
deux gardes suisses. 

Chapelains ordinaires portant les mitres pontiíi- 
cales. chapeau rouge, bordé d’hermine. 

Deux buissiers ponlificaux, vélemcnt noir et 
violet, verge d’argent. 


TrtM ANCHE UE PAQUES. 5^ 

Adjudant de la chambre, chape rouge avee her- 
rninc. 

Chapelain ordinairc, chape rouge a^ec hermine. 

Clores el Chapelains secrcls, chape rouge avee 
hermine. 

Avoeats-coneisloriaux , chape viotctle fourréo 
d’hcrinine. ; 

Camériers d’húnncur, surnuméraires el secrcls, 
chape rouge avee hermine. 

Chanlres de la chapelle, soulanne de soio vio- 
Ictte avee cotta. 

Les abrevialeurs de parco maggiorc, cotia el 
rochéis. 

Votanls de la signalure, colla el rochéis. 

Clores de la Chambre, colla el rochéis. 

Audileurs de Rote, soulanne violelle, colla 
el rochéis. 

Maítre du Sacre Raíais-, hábil de son ordre 
( Dommicnin ). 

Deux Chapelains secrcls avee deux mitres. 

Le Mailrc du Saint-Hospice accompagné des Ca- 
mériers de csppe el d’épée, hábil de ville. 

L’Audileur de Rote , appelé sous-diacre de la 
croix, accompagné des acolóles porlanl l’encensoir* 
la navelle el les sept chnndeliers. 

Deux. porliers de la verge noire, hábil ct man- 
Icau violéis. 

Le Sous-diacre latid, au milieu du Diacre el du 
Sous-dincre grec. 

Les Pénilcnciers de Sainl-Pierre, hahits saccr- 
dolaux et barclte. 

Les Abbés milrés , pluvial et mitre blanche. 

Evéqucs , Arcíievéques, Palriarches latins et 
oricnlaux’, pluvial blanc frangé d’or, mitre blanche, 
coiffure nationale. 


5G DIMA3SCHE DE PAQUES. 

Cardinaux-diacres , dalmatique, milre blanche. 

Cardinnux-pr&tres, chasuble el mitre. 

Cardinaux-cv&ques , pluvial el mitre. 

Les Conservaleurs de Home. 

Le Govcrncur de Roiue. 

Le Prince assistanl au trónc. 

Le Fourrier-major ; 

Le Grand-éeuyer ; 

Les deux premiers Mailres des córémonies ; 

Le Cardiual-sous-diacre ; 

Le Cardiual-diacrc ; 

Le Cardiual-doyen ou assislanl ; 

Le Capitaine des suisses, armure damasquiuéc 
en or ; 

Etal mnjor des gardes nobles. Le Général des 
troupes ponliíieales avee son aide-de-camp, grand co- 
slume. 

Iiuissiérs el massiers ; 

Lo Pape. 

La sedia gestatoria sur Inquclle Sa Sainlelc est assíse est portée 
par ilouztt pnlefreniers relus de damas rouge nrmorié : le dais est «ou- 
lenu par huit referen Jai res de la signatnre ; les flalurlli, ou cvenUils (le 
plume de pHon , par deux ramériers secreta ; les sepl épées des caiituui 
calholiques , par les solduls de la garde suisse. 

Le Doycn de la Hoto porlant la milre ponli- 
fieale entre deux camériers secrcls. 

L'Audilear de la chambre, le Trésorier el le 
Majordome, Prélats á fiocehelli. 

Protonolairo apostolique. 

Géuéraux des ordres religicux. 

Deux gardes suisses. 

Le ihupilre de Saint-Picrrc, son vicairc, son 
Cardinal-archiprélre en lóle, a tienden t Ic Souveraiu 
Puní i fe au milieu du veslibule. 


DIMANOTE .DE PAQUES. 


&7 


OFFICE DE T1ERGE. 

DISPOSITIONS DU PRESBYTÉRE. — L’autel 
richement decoré est surmonié des statues des Saiols 
Apótres Pierre el Paul , de la croix el des cande- 
labros tru va ¡ lies par Benvenulo Cellini. 

En «vant lies condoliera on place une lÍ8rc ct quatre mitres pour 
rappcler les cinq patriarches doul le Ponlifc cecu menique ilumine la 
Jigüite. 

Trónc de lierce, du cóté de Pépitrc ; Iróne de 
la Mosse, au ebevet du presbylére. 

Premier bañe a la droite du tróne de la Messo 
en regardant la Confessiou, les Cardinaux , Evéques 
ct Prétres. 

Second bañe du méme cóté, Evéques, non as- 
sistants; Abbés mitrés; Péniienciers de Sant-Picrrc. 

Premier banca la gauche du tróue, Cardinaux. 
diacres. 

Second bañe du méme cóté, prólats á fiocchelli, 
protouolaires. 

Troisiéme bañe du méme coló, génóraux et pro- 
cureurs-génóraux des ordres religieux. Le prédica- 
Icur aposlolique et le confesseur de la famille. 

Le chanoine-saerislain de Saint -Pierre, les bus- 
solanli , et les camériers secrels se groupctil sur les 
marches de Paule!. 

Le reste de la prélature se licnt de bmU. 

Les gardos uobles, Pepee nue, ferment Penceite 
a partir des colonnes de la Confession jusqu’á Pex- 
trémite des bañes des Cardinaux. 

Du cóté de Pévangile , le Cierge pnscnl, la cre- 
dénee pápale; la crédence du Cardinal-diacre et la 
crédcnce des ministres se trouveut de Pautre cóté. 


5# IHMANCHE DF. PAQUES. 

OBEDJENCE DES CARDINAUX. — 1 . Le Pape 
monto nu Irónc de tierce, se couvre de la mitre 
d’or ; dcux Cardinaux-diacres Passistcnt. 

2. Aprés les Cardinaux, les patriarches, a relie- 
véques ct é véques, Ies abbés mitres el les pénilen* 
ciers de SaitU-Pierre vont aussi par rang d 5 ordre 
baiser, les uns le genuu, les aulres le pied du Pape. 

CHANT DE TIERCE. — 1. On óte la mitre 
á Sa Sainteté qui se léve, dit le Valer et Pire, 
el puis impose á baule voix le Deus i n adjulorim 
que le chapelle continué. 

2. Le Pape se rassied, se couvre, et lit a voix 
basse dans un pontifical les oruisons préparatoires de 
la inesse. 

Toute les fois que le Pape lil quelquc prierc dans le misad ou 
aulre livre, celui-ci cat loujours soutenu par uu palriarclie ou arclievé. 
que essislant au troné ; qunml il doit les clianler , cVst par un Cardi- 
nal. Le liougeoir est égalemeut porté par un patiiarche ou uu arclie- 
veque assislant. 

3. Un adjudant de la chambre, assisté de Pau- 
diteur sous-diacre et accompagné de deux massiers. 
vient lever la cbnussure ord inaire du Poutife et lui 
mettre les bas et les mules de fonction. 

4. Le Pape se releve á l’antienne Ucee dies potir 
dire le Dominus vobiscun et Toraison qui termine 
tiercc. 

La cliausaure donl fie sert le Souvernin Ponlife non seuiement lors* 
quNl celebre la Mease , mais encore dans l’usage journalier , est ornee 
d’une croix en broderie d’or, de lnquelle Guilluuiue Costanzi dani ton 
Osservatore di liorna donne ai oai la raiaon : 

II passa en coutume dans les premiers temps du monde de inon* 
trer le respect que Pon portail á autrui en s’iuclinnnl profondément de. 
vanl lui. Or, il est hora de doulc que les chrétiens, qui regardoient la di* 


IMMAISCHE DE PAQUES. 59 

£nhc* pópale commc une ilignité rjuasl divine , non seulemenl se proaler* 
iiérent aux pleds de celui qui en élail reveiu, mais les cmljrasscrcnt més 
me en signe de leur profunde véuéralion \ il’oú il arriva que les pape- 
craignanl qu’on ne vinl ii suppo3er qu’ils recussent cet hommage commc 
rendu a l’hommc et non au vicaire de Jesus-Chrisl , íirenl hroder sur 
leur claussure le signe du salut, afín que ccux qui sernient admis ii leur 
ludser les pieds ne se inéprissenl pas sur le sens de cet acte. 

Deux mosaíques atieslent la haute anltquUé de celte croix lirodée 
sur la chaussure papóle : Pune dans Péglise de Saiole-Agnés liors les 
murs , représentant Saint-Honorius premier ; Paulre daos Péglise de 
Saiot*Marlin ni Monli teprésenlanl le tilulai re qui gouverna Péglise 
vers 049. Panuinio fait rcmonler ccltc coulume béaucoup plus linul. 

VÉTÜRE DES HAB1TS SACRES. 

1. Le dernier des la íes nobles ayant place á la 
chopelle, se rend a la crédence ponlificale, accom- 
pagné d’un audiieur de Rote el d’un clore de la 
chambre. Le crédencier, apres luí avoir place sur les 
epaules un voile do soie blanche frange d’or, dont 
los pana retumbent par devanl, lui donne l’aiguiére 
de vcrincil qu’il recouvro de ce voile. L’auditeur de 
de Role recoit un gremial ct le elere de la chambre 
uu essuiemains dans un hassin doré. 

2. Ccs trois olliciers precedes des massiers, se 
renden l au tróne dont ils nionteut les marches. 
L’auditeur de Rote ceint le gremial au Pape; le 
laic noble lui verse P can sur Ies mains, ct le Car- 
dinal-évéquc assistant prend la servidle des mains 
du elere de la chambre, et la présente; cela fait, 
ils retournent á la crédence deposer leurs différeuls 
fardeaux. 

3. Le Cnrdinal-diacre qui doit cbanter l’évan- 
gilc, cnléve au Pape la mitre, le pluvial, l’élolc et 
la ccinlurc. 

Les prélats vont chercher sur l'aulcl ou sur la 
crédence les babits pontilicaux; ils les apportcnt au 


60 DIMANCHE DE PAQUES. 

dinero dans I’ordre suivant, ordre qu’il observe luí» 
méme en les passant na Pape. 

1. La sous-ccinture, servant autrefois a suspen- 
dre la bourse dite aumóniére; 

2. La croix pee tora le ; 

3. Le fanón, voile lissé á quatre coulcurs qui 
se place sur le ¿paules, ruáis de maniere a y for- 
mer capuchón ; 

4. L’etole ; 

5. La lunique ; 

6. La dalmalique ; 

7. Les gañís ; 

8. La chasuble qui se trouve recouvertc par le 
fanón dans sa par lie supérieure; * 

9. Le Pallium altachó par tro is clous de picr- 
res précieuses ; 

10. La mitre; 

11. L’anneau pontifical. 

Le manipule ne se donne que plus tard. 

MESSE. 

Le Pape descend du tróne de t ierre, sur loquel 
il ne doit plus revenir, précédé des t uniera iros ; 
des sept acolyles; de la croix; des deux sous-dincres 
latín et groe; des Cardinaux-diacres; du Cardinal 
assislant; el suivi du doyen de la rote et ríes evo- 
ques assislants. 11 s’ avance processionellomenl j us- 
qu’a Pextremilé dos bañes oü P attendent les trois 
derniers Cardinaux-prétres qui sonl admis Punaprés 
Pautre, á un douhle embrassement. 

S. Mallhieu , o. 5. Si done lorsque vous présente?. votre offrarde 
á l'autel vous vous souvcnex que votre frere a qutlquc diose conlre voui. 

0. 26. Lnissea la volre don devanl l’aulel , et nllcz vous réconcilirr 
auparavant avec volre frere, et puis vous reviendrez oiTrir votre don. 


DIMAJÍCIIE DE PAQUES. GI 

Le Pontife emhrasse les Cardinaux pour iruliquer la pureté et la 
cliarité de son atne , et par mémoratif des paroles citées plus linul : il les 
cniliraÉse deux fois pour rappeler la double ualure da Dieu lionune dont 
¡I est le Vicnire ; ce qui ¿tail bien clairemcnt exprime quand les embras- 
lemcnls avaienl lieu l’un au visage pour signifier la nalure visible : l’hu» 
manilé; l’aulre sur la poilrinc pour signiíie l’bumaniiv cachee : la divinilé. 

2. Les trois Cardinaux (dont le nombre rappel- 
lc probablement aussi les Magos venus á Belhleém) 
reionrnent á leur place. Le Pape s’ avance, jusqu'au 
bis de roulel. Le Gardinal-dincrc lui ó le la mitro; 
le ponlifo fait le signe de la croix , ct commence 
V Introito. A V Indulgen tiam , on lui met le manipule. 

3. Kg tic . — Le Souverain Foutife baise Pautel 
el le livre, fait les enccnsements ; reprend la mi- 
tre; est encensé lüi-mémc ; descerní de 1’ aulcl , et 
be retid au Iróue majeur. 

4. Les di vei s oíliciers ponlificaux, prennenl leur 
place aeeoutumec sur les degres et auluur du tróne. 

Le Pape se découvre, lit l ’ Introito les Kyrie et 
cntonne le Gloria in cxcelsis , en élevant les mains 
vers le ciel el les ramenant , au mol Den, se jo- 
indre sur la poi trine. 11 réeite a voix basse le resto 
de cetle priére aprés laquelle il s’asseoit en se euu- 
vranl de sa mitre. 

ASPECT DE CIlAl’ELLE QUAND LE PAl’E EST ASSIS. 

Au tróne : Le Pape, le Cardinal crique ossislant , les deux Cardi- 
naux^diacres. 

A la gauche du Pontife : Les Éviques nssiatant , nssis. 

A na druite : Le prince assislaol au liúne, loujours debout. 

Sur le troisieme degre du tióne : Les tiois Couservoleurs asm. 

Sur le premier degré a partir du sol ; Les Auditeurs de Ro- 
te, le Mailre du Sacic-Palais , les deres de la chambre et le reste de la- 
pré! ature. 

5. Pax vobis. ¡ — Oraisons. 


62 


MMAKCRS OE PAQUES. 

6. Le sous-diacrc latín et le sous diacre grcc 
aprés avoir chanto l’épitre chacun daos sa langue, 
viennent enscmble baiscr les picds du Pape qui lit 
a voix basse les mémes priores. La thapelle cbanlc 
le gradué! et la prose Viclimce pascali, mise en mu* 
sique par Maiteo Simuuelli. 

7. Le CardinaLd Lacre va chercher le livrc dos 
cvangiles el dire le M unida cor tneum , á genoux.de- 
vanl l’autel; il revieot chercher la bénediction. Le 
Pape la luí donne par Irois signes de croix. Alors 
il se rend au pupitre qui lien lieu de V Ambón et 
chante l’évangilc avec les cérémonies accoutumées. 

L'usoge tlt-s sept acalytcs aux niesscs papales, indépcndnmmenl de 
sa signiíicalion myslique qui rappelle les scpl cbamleliers d’ur décrils daos 
l’Apocalypse , ou les srpt dons du Sninl-Gsprit, dcsquels le Pontile céle* 
Iirant doit élre rerétu f représente les sept Basifiques slnlionnoires , et 
vicnt d’uoe coulumc élaldic dons té tems ou la cité de Borne étail din* 
sée en sept régions ecclésiaslique , el que chacune de ces régions se fai- 
sait representer a Poffice par un elere porlanl sa torche. 

Aprés ccltc lccturc, il rctourne á Pautel ac- 
compagné seulement de cinq acolólos ; les deux nu- 
tres restent auprés du pupitre oü l’évangile va se 
répéter en grec. 

II ne demeurc que deux acolytcs pcndnnt le 
chant de Févangile pour conslater la suprématie de 
l’Eglise latine sur PEglise oriéntale, comme Pon 
chante le texto daos les deux idiomes, pour mar- 
quer leur unilé. 

8. Credo. 

Aprés ces inots: Et incarnatus eU , le Cardinal- 
diacre ct le sous-diacrc latín se rcudent á la secon- 
de ctédence se laver les mains ; puis ils s’avancent 
vers Pautel, préccdés de deux massiers et d’un 
maitre des eérémonics. lis y luonlent etcomnocuceot 


DUWANCHE RE PAQUES. 63 

par étcndre une richc nnppc sur celles qui y sont 
dejíi. Cela fait: le sousdiacre retouroe aux. crédences, 
chcrchcr la boitc rcnfcrmanl les hoslies á consacrer, 
ct la bourse contenant un corporal avee deux puri- 
licatoires. 11 les apporle au diacre, qui étend le 
corporal sur la pierre sacrée. 

Pcndant ce tcmps, le prélat-sacriste qui est alié 
a la troisiéme crédence premlre le cálice, la paléne, 
detix puriticaloires el une petite cuiller d’or revient 
á la crédence papa le, suivi d 1 un aculyle poríaut deux 
buretles vides ct une petite coupe. La, tous ces va- 
ses sont laves et purifiés; puis ie Créienctére remplit 
les buretles avec du vin el de Peau, dont il fait 
la déguslaliorv. 

Les vases sont portés á l’autel. Alors le Cardi- 
nal-diacre prend trois hoslies dans la boile qui lui 
esl preséntée ouverle par le prélal-sacrisle, et il les 
dispose en ligne droiLe, sur la paléne pres de laqucllc 
cst pose le ciboire des particules pour la commu- 
uion des Cardinaux non prelres. 

9. Le Credo termine, le Pape dit le Dominus 
vobiscum suivi de Pollerloire. La cbapelle chante cct- 
le priére mise en mu si que d’ une maniére tres rc- 
marquable par Felice Aneriu. 

Un Consor va te ur va chercber l’aiguiére et le 
bassin pour donner á laver au Pape; qui aussitót 
aprés vient a Paulcl en bénissnnt les Cardinaux et 
la cbapelle córame il Pa>vait deja fait en se rendant 
au Lróne. 

Avnnl qu’il y arme, on a coutume de faire l’épreuvc des Espéces 
de la maniére simpante. Le diacre prend une des trois hoslies qu’il a mi* 
en ligne droite sur la paléne el la rend au prélat-lacriste. Quand ce* 
lui-ci l’a recue , -le Carditinl-diacre preml de nouveau l'une dea deux qui 
«sien', et aprés l’rrok fait louclter inlérieuremenl et exlérieurement an 
cálice el & la paléne , il la conwgoe au prélal-sacriste qui doit lo cousoni* 


64 D1M ANCHE DE PAQUES. 

• mer aussildt, ninsi que ln premicrp, I»* \isnge lournt* vers le Pape. La (roí* 
sieme et derniére hostie esl employée pour le sacrifice. Ccci finí , le Car- 
dinal prend les bu reí lea du vin el de l’eau, verse un peu de leur liqueur 
daña la coupe que lu¡ présenle le piélal sacriale, donl ce deiuíer doil lioi- 
re iramcdiaVemcnl 1c conienu. 

10. Offrande do I’ hostie et du cálice suivant le 
rit ordinaire de la Messe. 

Encensement des oblations, du Pape, du Sa- 
cré-Collcge et de la prelature. 

11. Lavabo. — Un Conservatcur verse l’eau. 

12. Orate j [ral res. 

Un peu avanl le clin ni de la Proface, un mailre des cérérnonus 
va cercher les deux derniers Cardinaux-diacres el lea conduil aux ailes de 
l’aulcl , oü ¡la demeurenl en face Pun de l’aulre , aulanl de lempa que !« 
Souverain Ponlife resle á l’aulel, coiuoie les deux anges qui veillaienl «ur 
le sepulcro du Snuvcur. 

13. P reface. 

14. Sanclus. 

15 . Canon de la Messe. 

16. Consécration . — Le Pape prend Ií| pain, 

léve les ycux au cid, bénit V hostie par un signe 
de croix, P eléve un peu en la soulenanl entre les 
deux doigts et le poucc de chaqué main; puis s’ incli- 
nan L modérémcnl vers elle, prononce Ies paroles de 
la Consécration 

Aprés ces paroles, il fait uno genuflexión et elé- 
ve le pain decena Dicu de maniere á le fairo voir 
a u peu pie, deva ni so i, á sa droitCj et d su gauche* 
Puis il replaee la sainle-hoslie sur le corporal et 
T adore do nouvenu par une genuflexión. Alors le 
diacre dócouvre localice, que le Ponlife souléve un 
peu, qu’ il bénit, qu’ il consacre, qu’il repose sur le 
corporal, qu’il adore et qu’il donne á voir au peuple 
comino il l’a fait pour 1’ hostie. 


D13IANCIIE BE PAQUES. G3 

Fendant l’élévation des Saintes Espéces lea trompcllcs pontificales 
fond euteudre au foud de la basifique. Les cardes nobles , les gardes 
süi«es , les grcnadiers ct la gerdc palaline nietlent geuou a Ierre et prt- 
scnteul les armes. 

17. Suite du Canon . — Un pcu avanl le Pater 
le prélat-sacrislc ct un vólanl de la signature vont 
cherclier aux crcdences un cálice avcc son clialu- 
mcau d’or, des burenes ct une coupe: vasas qu’ils 
portcnt, apres leur puriíicalion, au iróne pontifical, 
sur les degrés supérieurs duquel ils s’ arrélent I’un 
ct l’aulre. 

18. Pater nosler . 

Un Pape , que Pon croil élre Saint-Grt'go¡re-le*Grand , célébrait á 
Saiut-Jean de Lnternn. Or, commc il cbanlail le Per omnia tcecula scc- 
culorum , on enlcndit dishnctemcnl les anges du ciel repondré : Amen. 
Ce que fit décider qu’eu mémoire de cc prodigc on ne repondrán plus 
Amen ce jour-ci n la mcsie pontificale. 

19. Fax Domini . Agnus Dci. — Baiscr de paix 
donne aux Cardinaux. 

Aprés une genuflexión faite au Sainl-Sacrcmcnt , le Pape retourne 
au troné, les mains jointes et la tele découverle. 

20. Le Diacre reste á Pautcl, se place de ma- 
niere á pouvoir suivre le Souverain Pontife do l'oeil, 
s.ms toulefois lourner le dos au Saint-Sacrcuicnt ; 
des qu’il voit le Pontife arrive a son siége il se 
retourne entiérement vers l’autel, prendí un instru- 
ment ou a Acrique d’or á douze r&yons, placee exprés 
á cólé du corporal, et en recouvre l’hoslie consa- 
crce, toujours sur la paténe. 

Ensuile prenanl cette pnténe a deux mains, il 
la léve á la ha'uteur de son front , et la fail voir 
au pe u pie; puis la laissant recouverte de Tétoile 
d’or desfmce á préserver les Saintes Espéces de lout 


fifi DIMATVCHF. T»F PAQUES. 

accident, il la rcmct au soas-diucre qui doit la por- 
tar au Pape. 

Pendan! Ir Iranspnrt de la Snint Communion , les gardes nobles 
onl le gcnou a ierre et la lele découverlc. 

Le sous-diacre arrivé aupres du Pape qui s’cst 
mis á genoux, se ticnt de boul i\ son flanc gauche. 

Le d íacre qu¡ cst resté immobile i\ Tan (el jusqp'a 
ce moment, prend alors le cálice consacré, et aprds 
en avoir lait l^oslenlalion au peuple comme il Ta fait 
pour Thoslie, il descend rapporter au Pape pVés 
duquel il se place debout du céle droit. 

21. Le Souverain Pon ti fe lii les deux oraisons: 
Domine Jesu-Clirislc et perceplio. L ' astérujue d or ost 
enlevée de dessus la palério; le Pape prend les deux 
partios de I hoslie qui s J y trouvent de la main gnu- 
che, et aussilól se frappe la poitrine avec la droité 
en disant: Domine non sum diynus : ce qu'il repele 
trois fois. 

22. Le Pape communie, se servant d'un cha- 
lumeau pour l’absorplion du précieux Sang. 

Cliiapponi, suivnnl en ceci Topinion de Sainl-Rooavenlure, donas 
romníc suit la rnison de cclle communion pópale , faite liors de l’aulel : 
De meme que N. S. Jesus-Chrial consacraul le palo el le vin dans le Cé- 
naclc, completa el perfeclionnn son sacriíicc par l’offrande yuhlique de 
toul son elre a Dieu , son pire, sur le moni Calvaire, ainsi le Souverain 
Ponlifc son vicaire, consacre n l'oulel, figure du Cenarle, el se communie 
au iróne, la face lournée vers le peuple , pour ¡miler le crucifiemenl pu- 
1)1 ir du Seigneur sur le moni Golgolba o la face d 1 Israel. [Acl, Canuniz, 
Pii A', pa#c 235). 

23. Le Pape donne la communion au diacre et 
au sous-diacre , rompant , cu deux une partió de 
Thostie qu'il a laissée sur la paléne. 


DIMANOHE DE PAQUES. 67 

Le poDlifc el Ioue les assislants se metlenl a genoux quantl le dia- 
cre el le sous-diocrc reporlcnl les tases sacres sur l’aiUel , oíi ils les pu- 
rifienl nprirs avoir enliúiemenl consommé ce qui a pu reslcr des ¿> a i n les 
Espéces. 

COMMUKION DES CARDINAUX. 

24. Le Diacre revient nu tróne, récite le Confí- 
teor , puis rclournc á Tautcl, prend le sainl-cibniro 
renfermant les particules, le monlre nu peuplc ct le 
remet au sous-diacre qui V npporle á Sa Saintété. 
Alors le Pape dille Ah aerea tur el V Indulgmliam. 

Les audilcurs (le Uolc déploienl une nappe de 
commuuion en avanl du Souvorain Ponlife. Les Car- 
dinaux non prétres y vienncnl recevoir la Sainle 
Eacharislie. 

Le princc assislnnl el les anlres 1 «Yes ayanl droil á la chnpelle son 
admis au meme honneur. 

25. Purificalion. — A pros Ies puriGcalions or- 
dinaires, le prince assislanl présenle Leau, et cela 
fail, le Pape retourne a Lauto! pour achever la Mes- 
se. La chapelle chante la Comm unión. 

26. Post Cummunion ¡ lie ¿ missa cst¿ alleluja — 
chantes par lo diacre. 

27. Triple bénédiction papule donnée de V aniel > 
mais satis promulgaron cT Indulgen ce. 

28. LccLurc du dernicr evangile qui termine la 
Messe. 

OFFRANDE DU PRESBYTERIUM , 

Pour la Messe bene cantata . 

Le Pape aprés s J élre mis a genoux sur un prie- 
dieu oú ¡1 reste un istant, se reléve, prend la tiare 
el monte sur la sedia gestatoria. 


G8 DIMÁNCHK DE PAQUEÜ. 

En ce moment le Cardinal-arcbipréte de la ba- 
silique, accompagné de deux cbanoines en grand 
cosí mué , vienl presenter á Sa Sa ¡nielé un boursc 
contenant trente j ules <Tor , en lui disaní: Trés-Saint - 
Percj le chapilre et les chanoxnes de celte insigne ba~ 
silique vous présentenl l’ oblation accolumce pour la 
messe que vous venez de chunler (oiTcrunt presbyle- 
rium pro missa heno cantata). 

Le pape «acepte LoQrnnde, mais le rcmct an 
Cardinal-diacre, et celui-ci á son cauda taire , qui 
la reporte au chapitre de Saint-Picrrc, du qucl il 
re<jo¡t une somme déterminée. 

VÉNÉBATION DES RELIQUES. 

Le «cortége se met en marche et descend jns- 
qu'au licu, oú ont été préparés des bañes recou veris 
de lapis. II s^arréle; aussitol un chanoine de la ba- 
silique, en ¿tole et gants rouges, parnit sur la lo- 
ge de la Véronique^ puis donne la benédielion des 
Sainles Reliqucs de la fa$on accoutumce, et il les 
présenle au peuple, inais sculcmcnl des deux cotes 
de la tribuno, et non pas vers son mllieu, par res- 
pect pour le Ponlife qui se trouve vis-á-vis. Aprós 
la vénération, le coriége se rend á la Loge Vaticane. 

BÉNÉD1CTION PAPALE. 

La licncdiclion de ce junr esl le mt*me que celle du jeudí prccc- 
dent, aeuleiüent la solennité s’eo accroíl de la plus grande solennité de 
ln féte et de toule l’ollégresse de Jésua resauscilé. 

La Loge de la facade cst décoréc de riches ten- 
tures et abritée par une vaste tente. 

Les tribunos princiércs et diplomatiques sont 
préparées sur la terrasse de la eolonnade, colé du Va- 


DIM ANCHE DE PAQUES'- 

tican, et des chaises en localion sont placees dans 
les fenótrcs, le long des parois laterales du portique, 
au pied de Eobélisque, dans les enlre-colonnemenls 
du péristyle et dans lous les entrodroils d’oú I on 
peul apcrccvoir le Pon tifo. 

1/aspect general de la place est habiluellement 
celui-ci. Les poysans des Sabinos el de la campugne 
romaine samoueelleul sur le lerre-plain de la [acude 
el Ies cscaliers qui y conduisent. De ce lerre-plain 
á Tobélisque, Ies troupes pon ti [acales [orinen t un 
triple carré: premiére et seconde ligne, infantería; 
troisiéme ligue, dragons; carubiuiers sur les ailcs; 
musique au centre. Les habitaos- des qunrtiers pau- 
vrcs tels que le Burgo , le Trusteocre , i Monli ont 
coutume d'étre groupes au pied de Tobelisque. Les 
abords de la colonnadc sont occupcs par les fidélcs 
á pied de toutes les classes ; le reste de la place et 
Ies rúes adjaeenles eouvcrtes par les six ou sept cents 
voitures qui s'y trouvent annuellement. 

Au inomeul presume de la bcnédiclíon, tous 
les rcgards se tourncnl vers la Logo entieroment vi- 
de (1). La croix pouliíieale s J y mootrc la premiére, 
puis vienncnt les insignes poulilicaux , c’esl-á-dire 
les liares et les mitres, qu'on deposc sur le balcón; 
puis les Eminenlissimes Gardinaux qui paraisseul 
uu islauL deux par deux, jellenl un coup d'oeil sur 
la place, el se relirent. La Loge est vide de nou- 
veau. ... 

El voilá que d’un fond de ce vide, une ICte, 
un buslc, une forme vénérubel de vieillard courron- 
né s’avancc, s’avance, on ne sait pas commenl, justen 
dehors de la croisée. 


(t) La fenélre da millcu de la facade. 


70 


DUtfAKCHE DE PAQUES. 

Peu a peu ce vieillard se léve de toute sa hau- 
teur. Et les cloches qui souoaient se taisenl; et le 
canon qul touna.it ue tounc plus; ct la foule de la 
place s^agenouHle: et le vieillard seul debout, quaud 
lous ceux. qui le regardent sont agcnouillés ct font 
silence, ce vieillard eléve les matos en haut, invo- 
que le Dieu dont il esl le Vicaire sur la terre, ct 
par la dótógation de ce inérne Dieu, les rabaissant 
ct les reportant vers les lídéles, il Ies bénit par trois 
fois, les doigts leves á la maniere latine, au noin 
du Pére, du Fils, du Saint-Esprit (1). 

FORMULE DE LA SOI.ENNELLE ET TRIPLE RENEDI C.TION. 

« Que le SS. Apotres Picrre et Paul dont la puissance et 
» Paulorité animenl notre confiante inlerccdenl pour uous nupres du 
n Seigneur. Ainsi soit-il. 

» QuVn verlu des prieres el dea mentes de la hienheuretue 
» Marie lovjours Vicrge, du B. Micliel-Archange , de Saint-Jeau-Ba- 
» ptisle, des SS. Apotres Picrre et Paul et de loutes les Saints > le 
» Seigneur lout-puissaot vous fasse misdricorde, el qu’apris íoua 
n avoir remis lous vos peches , Jésus-Cbrist vous conduisc A la vie 
» élcrnelle. Ainsi soit-il. 

n Que le Seigneur tout-puissant et m ¡sérico rdieux vous accor- 
» de pardoo , ahsolutiou el réumsion de lous vos peches , lempa 
o pouc faire une vraie et fructueusc pénitence ; un coeur loujours 
» conlrit , amendement de vie , grace et consulalinn du Saint-Rsprit, 
» et perséverance íinale dans la pralique des bonnes ocuvres* Ainsi 
» soit-il. 

(4) Le uom si pieux et si poélique de Ucnvdlction iolenncU 
le urbi et orbi % généralement douné en France, en Itolie , ct mi- 
me a Rome a celte hénédiclion n’est malheureusement pas exacl 
Aucunc tradition legitime ne 1c justifie ; aucun liturgiste grave ne 
s’eu esl jamais servi , et rien dans lu formule de la bénédiction , 
ni dans la formule de 1* Indulgente Pléniére qui la suil ne 1’iiiJi* 
que ou Paútense ; et ce qui résouL compléleiucnt la qucslioo , le 
ceremonial pontifical ne le connail pas. 


DIMANCHK DE PAQUES. 7t 

i» Et que la béncdiction de Dieu tout-puissant, Pefe, Fils el 
ti Sainl-Esprit , descende sur vous el s’y repose loujours. Ainsl aolt-il.» 

S une ti Apostoli Pelrus et Paulus de quorum potestate el au- 
ctoritate confidimus , ipsi inlercedant pro nolis ad Dominum. Amen. 

Precibus el mentís B. Marico semper f / irginis % B. Michae- 
lis Archangcli , B. Juannis Baplistle, et SS. Aposlolorum Pe.lri el 
puuli , el omnium San clora m t misereatur vcslri omnipoiens Deus % 
et dimissis ómnibus pecculis vcslris , perducal vos Jesús Christus 
ad vitam cele rnam. Amen. 

ln dulgentiam , absolutionem , el remissionem omnium pecca- 
torum veslrorum , spatium veros fructuosa: peen t ten tice , cor semper 
peenitens el e m en dei liarían vita ? % grulium et consolutionem Sancti 
S piritas , et Jinalem perseverantiam in bonis ope ribas tribual vobis 
ontnipolens , el misericors Domiuus. Amen. 

El benedictio Dei omnipotentis Pairis , el Ftlii , ct Spiritus 
Sancti detcendut super vos , el hiuneut semper . Amen . 

A T instant oü Ton répond 1c dernier Amen, 
1c cháteau Snint-Angc rccom menee ses salves et les 
clochcs de la basiliquc leur sonneric a grande volé.e. 

Le Pape reste assis pendanl cette bénédiclion 
jusqu'nu mot Et benedictio ; alors il se léve, fait 
les trois signes de croix «tux inots : Pairis , et Ft- 
lii , el Spiritus Sancti / puis il eléve les mains ct 
les raméne sur le peuple á ccux-ci : Descendal su- 
per vos . 

Aprés la bénédiclion , un Cardinal-diacre lit en 
latín la formule de P indulgente pléniére accordée 
aux assistanls ; un aulre Cardinal-diacre la lil en 
ilalien, ct ils en jettent les copies sur la place. 

Le Pape aprés avoir prononcé la bénédiclion , 
reste un moment en vue du peuple, puis il se lé- 
ve une seconde lois ct donne de nouveau, roais sans 
prononcer des paroles, une seconde bénédiclion. 


7 2 


DI31AIVCHE DE PAQUES. 


VÍPRES A SAINT-MAR1E-MAJEURE, 

Oü les Eminentissimes Cardinaux 
ont coutume d J assister. 

Les Cardinaux se rendent pour Vüpres a l^ba 
silique Libériennc de Sainle-Marie-Majeurc, oü se 
chanta longtemps la rnesse pontificale du jour de Pa- 
ques. Apres les Vépres , ils vnnt a Sainl-Jean de 
Lateran rccevoir la bénédiction des Saintes Reliqaes. 

YÉPRES A SA1NT-P1ERRE.. 

Les Vüpres capitulaires a Saint-Pierre sont pré 
cédées d’ une processíon dite des Trois Maries , par- 
ce qu’ elle rapelle le pélérinage des trois saintes Fem- 
mes au tombeau de Nolre Seigneur. 





ILLUMINATION 

DE LA COUPOLE. 


Quatrc millo qualre cents Iampions á feu voilé* 
sont poses sur la fajado exlérieure du temple , et 
des porliques de Saint-Pierre á partir du sol jusqu’á 
fcxtrémilé de la croix du dóme. Ges Iampions des- 
sinenl toules les arates de V édifice dont ils marquent 
les lignes architecturoles , se cuorbant oü ellos se 
courbenl, s’arrélant oú ellos s 1 arretenl, se b.risant 
oü elles se brisent. 

Vue de Monte-Piado el de la Trini té-du-Mont, 
ectte premiére illumination présente un magnifique 
coup d’oeil. Elle dure un’heure. A un’heure de nuit 
(d’ Italie) il y a changemcnt de feu. 

Aussitót que le premier coup de l’heure se fait 
eutendre, quelque chose d’enlhmmó court sur le 
dóme, la croix, les pclilcs coupoles , la fuQade, le 
peristyle , la eolonnade , la place, se faisant voir 
parlout el ne s’arretanl nullc parí; el quand le der- 
nier coup de l’heure sonne, ce je ne sais quoi ne 
reinue plus, ne se voil plus, mais sept cent qua- 
tre vingt-onze nonveaux pots a feu ont élé allmnés, el 
des rosaccs, des guirlandcs, des candelabres, des 


74 DIMANCHE DE PAQUES. 

foyors d’ une flamme brillante , et lumineuse , se 
trouvent moles aux ligues un peu tornes de la prc- 
miére illumination. 

Bien ne peut rendre la promptilude de ce chan- 
gement de feu, comme rieu ne peut taire compren- 
dre á ceux qui nc 1’ ont pas vu, le grandioso de cet 
incendie de la coupole. 

Le nombre d’ hommes emptoyés pour celte illu- 
mination est de trois cent soixantc-cinq. La nombre 
total des lampions est de cinq mille cent quatre 
vingl-onze. 





LUNDI DE PAQUES. 

CHAPELLE SIXTINE. 

COULEÜRS ET ORNEMENTS. — l/aulcl et le 
Iróae conimo pour la Semnine-Saintc. 

Le Pape, pluvial blanc, mitre lomee d’or. 

Cardinaux, chape ct vétement rouge. 

Mcsse. Célóbranl, un Gardinal-prélre. 

Sermón par le Procureur general des Minimes 

LA GIRANDOLE. Le soir du Lundi de Páques 
á deux heurs de nuit (d’llalie), on met le feu ala 
girándole établio sur lo Monl-Pincio. 

MARDI DE PAQUES. 

CHAPELLE SIXTINE. 

Disposition commc la vcille. 

Cólébrant. — Un Cardinal-prétre. 

Sermón por un régent du Collége-Nazareen. 

Indulgcnce de trente ans. 

SAMEDI DE PAQUES. 

CHAPELLE SIXTINE. 

COULEÜRS ET ORNEMEMTS. — Disposition 
commc pour les jours preceden ts. 

Tous les sept ans, á Dei de la mcsse, 

le Pope dislribuc Ies Agnus Dei bénits en chapelle 
secrelte. 




FÉTE MOBILE 


ANNONCIATION DE LA SAINTE VIERGE. 

Sainle fiarte de la DI inerve (25 Mars\. 

Quand cctle [ele lambe pendanl la Semainc-Sainte 
elle est renvoyée au dimanche ou au second lundi a- 
prés le dimanche de Pdque. 

L’Église paroissiale de la Mincrvc ful bálic a 
une époque inccrtaine , sur los restos <P un temple 
de Miucrve , ct possédée jusque dans le huitiémo 
siécle par des tnoines Basiliens. A cotte époque elle 
tomba en ruine. 1/an 1370, Gregoirc XI rógnant, 
le Serial la donna aux. Fréres Préeheurs. Ceux-ci la 
relevérent de ses ruines et y adjoignirenl leur cou- 
vent chef-d’ ordre. L’arehilecle du inonumont acluil 
est resté inconnu, quoiqu’il ait dolé la ville do fu- 
ñique égüsc oii se relrouvenl les ligues liardies et 
simples de Tancienne architecture ¡talienne. 

Daus la chapelle allribuée longlemps au bien- 
heureux Angélico de Fiesole , la peinture du réla- 
blc représente la fondalion de la pieuse Con frério 
appelée dell J A nnunziala , instiluéc par le cardinal 
Torrccremala puor dolor les jeunes tilles pauvres. 
Cetle Confréric dislribue annucllemcnt plus de cent 
dots. 


annoiscution. 


77 


Cclte chapelle d’asststonce., á laqaelle le Souve- 
rain Ponlife a coulume de se rendrc chaqué année, 
fut élablie par Eugénc IV, qui avait été élu Sou- 
vcrain Ponlife dans la Sacrislie de Téglisc, 1c 3 
Mars 1431. 

CORTÉGE. — Le Pape se rend á la Minerve 
en corlégc de derai-gala, treno nobile detto semtpub - 
blico. II esl revólu du rochel, de la mosette de vc- 
lours rouge bordeo d'hermíne avec Tetóle de mfirae 
couleur. Den* Cardinaux occupent le devant du ca- 
rosse précédé ct suivi de la cour et des gardes no- 
bles. 


AVIS. 

Les élrangers distingues, «jui voudront avoir Phooneur «le re- 
cevoir la Palme bénie au iróne du Saint Pere, aeront obligés de ac 
faire inseriré chcz Monsignor Majordome , et ae préacnleront sans 
épée , aans chapeou , aans canne , gañís» manchons ; et en soulane , 
s’ils sout eccleaiastiques. 

Les domes de lVlol romnin , -serón t obügées de se faire in- 
seriré, arce leura litres el leur patrie, chez Monsignor Majordome, 
afin de recevoir un billet d’entrce pour les Iribunes ; les dames ctran- 
géres s’adresserunl , pour cel objel , u leura ambassadeurs ou mini- 
stres rcspectifs avant le dimanche dea Ramcaui. 


• • : i • i y-’i . '? ' ; r .;J * , 

'.! . Ü[JlV( -ití-’; ; T;t 

: 

* V* '• . i • . ' i * 

‘ ' -V- • . • V . fii . •. \ ■- • ‘i •; -I .’»!• > • . : 







T ABLE. 


SemAise-Satntf . , )ngc 5 

Dimanche des fíameaux. - Disposition de- Péglise. - Les pal- 
mes, bénédiclion, distrihution - Procession -Tliéudule d’Orléans. 

-La Messe.- Chanl de la Passion , ele . » 6 

Lnndi- Saint- L» Seala .Sánelo »46 

Mar di -Saint. - L’église atalionnaire. - líes deux Sccurs . » -18 

Mercredi-Sflint. - Téncbres. - Lamenlationa. - Miserere. - La 

Trinité des Pelerina , ele 20 

Jeudi-SuinL - Hisloriquc. - Mease. - Procesaion au Sépulcre. - 
Bénédiclion de la Loge. - Lavement des pieda des npótres. - 

Pourquoi ¡la sont Ireize, -Qgi les nomine. - Ropas des Apó- 

tre*. Téncbres. - Le Grand-péniiencier a Sainl-Pierre. - Purifi- 
ration de Paulel papal. - Bénédiclion des Sainles Reliques. - 

Églises de la cilé »24 

Pendredi- Saint, - Chant de la Pu*sion. - Messe des Présan- 
ctifiés. - Procesaion á la cbapelle Pnolinc. - Exposilion de la vraie 
Croix. - 11 ¡sloricjue de cclle Saintc Relique. - Tónelircs. - Dévo- 
tion de diverses églises. - Acmlémic des A rendes. ...» 36 

Samedi-Saint . Bénédiclion de l’eau , du fou , de Penccns, 
du Cicrge Paschal. - Clianl de Ycxnltct. - Les Propliéties. - Mes- 
M dile du Pape Maree!. • Messe arménienne. - Bénédiclion des .<fc| 

mnisons i 56 

0CTA\ E DE PAQUES.» Dispositions cxlérieures el intéricures de 
la Bnsilique tic Sainl-Pierre. - Corlége de la cour pontificóle. • 

Noras el coslumes des dignitaires. - Office de Tierce. - Vélure 
du Pape. - Hislorique du iidiseuient du pied. - Messe solcnnelle. - 
L’éiangile cliaulé en deux languei. - Épreuves des oblations. - 
Coiiscernlion. - Conuuunion pontificóle en dcliors de l’autel. - 
Communion dea Cardinaux. - Offrandc du Presbyletium pro 
Miisu lene cantata. - Bénédiclion solcnnelle du haul de la 
Logo Vaticana. - Vépres - lllumination de la coupole. . . 53 

Lundi de Paques »75 

Mnrdi de Paques , j ( j 

Samedi de Paques. - Agnus Dei * ¡d. 

FéIE BE I/ANNONCIATION. - Église de la Minervc. -Dot.lion des 
jcunes filies pauvres. - Corlége du Pape » 76 


REIMPRIMATE 


Fr. Oom. Buttaoni O. P. S. Pal.. Ap. Mng. 


REIMPRÍMATE 


A. Ligi Archicp. Icón. Viccsgereus.